Thursday, July 26, 2007
Un peu plus….
Ma liste de choses à faire ici était à l’origine très courte; je ne savais pas à quoi m’attendre n’ayant pas eu beaucoup de temps pour lire mon guide touristique. Des amis m’avaient dit que de Kisumu il fallait que j’aille dans la forêt tropicale de Kakagema et au Parc National de Nakuru. Ces deux voyages étaient merveilleux et très différents. Kakamega est la seule forêt tropicale qui reste au Kenya. Nous y avons passé un très bon week-end dans une chouette petite auberge de style anglais. C’était reposant, calme le soir, et un endroit sympa pour les grandes marches. J’y ai vu beaucoup d’oiseaux, de fleurs, de papillons et de singes. Nous avons marché jusqu’à la rivière Yala prête à sortir de son lit à cause des pluies récentes. J’ai passé cette fin de semaine-là avec deux anthropologues et trois autres stagiaires. Nous avons parlé tard dans la nuit et discuté de la culture et de la santé au Kenya, c’était très intéressant.
Le week-end dernier je suis allée à Nakuru pour voir les flamands roses. C’était le voyage que je voulais vraiment faire. J’ai trouvé les flamands fascinants et il y en avait tellement, c’était superbe. Il y en a environ 3000 sur le lac. C’était merveilleux de voir cette masse de couleurs évoluer et s’appeler. Il y avait aussi beaucoup d’autres oiseaux au bord de l’eau mais pas aussi beaux et gracieux que les flamands. Je suis restée au moins une heure sur la berge à regarder les oiseaux et à prendre des photos. Le reste du parc aussi est beau. Nous y avons vu des buffles, des zèbres, des girafes et des rhinocéros. Les zèbres continuent à être mes animaux préférés avec les flamands en deuxième position.
Mon séjour se termine et je suis curieuse de savoir qui a lu mon « blog » cet été et j’aimerais que vous me posiez des questions si vous en avez sur le Kenya, ma vie ici, le travail que je fais ou bien sur les zèbres. Laissez-moi un message dans la section commentaires du « blog » et je répondrai.
Sunday, July 22, 2007
Jour de remerciements pour les chefs
Le grand jour est arrivé. On avait accepté mon aide et j’étais priée d’être prête à 13 :30 pour aider à la prise de la photo officielle. A 11 heures, j’ai reçu un appel à l’aide et n’ai pas arrêté avant 15 heures. J’étais un peu crevée et j’avais très chaud mais j’étais heureuse d’avoir aidé et surtout d’avoir vu la tête des chefs. C’était un groupe très divers, des vieux, des jeunes, certains en habit civil, d’autres en uniforme militaire, certains très attentifs pendant la présentation alors que d’autres dormaient. J’étais surprise de voir 10 femmes dans le groupe; j’ai vu très peu de femmes en position d’autorité pendant mon séjour et c’était donc une bonne surprise.
La journée s’est bien passée et je pense que les chefs ont appris beaucoup de choses sur notre travail et qu’ils étaient contents qu’on réponde à leurs questions. La période de discussion avec questions et réponses était très intéressante avec certaines questions très sophistiquées et techniques et d’autres étaient plus que basiques. Bien sur, une journée comme celle-là se termine rarement sans quelques problèmes : les nôtres sont survenus à l’heure du repas. Nous avions tout juste de quoi nourrir tout le monde mais malheureusement certains plats de carbohydrates essentiels à tous les repas kenyans se sont épuisés trop rapidement. Il n’y avait pas assez de serveurs et je me suis retrouvée aux boissons alors que mes colocataires étaient au buffet y compris la végétarienne qui servait le poulet….
Quelques différences culturelles: je crois que dans un événement comme celui-ci, aux US les gens sont plus proactifs et essaient de prévoir et prévenir les problèmes éventuels. Autre différence, les assiettes étaient en métal et les boissons servies dans du verre. En plus, après le repas chacun a laissé son assiette etc. sur l’herbe sans réaliser qu’il y avait une table spéciale pour mettre la vaisselle sale. C’est possible qu’on n’ait pas précisé mais il me semble que c’est aussi une question d’habitudes. De notre côté nous avons fait un gros faux-pas culturel en oubliant d’organiser une station pour le lavage des mains avant et après le repas. Dans la culture kenyane, le lavage des mains est un rituel, d’autant plus que souvent on mange avec les mains ce qui n’était pas le cas ce jour-là mais quand même (commentaire de la traductrice, ce n’était pas très fort pour des spécialiste de la santé)..…. Plusieurs chefs m’ont demandé où se laver les mains, un peu gênant. Nous avons sans doute fait quelques autres oublis mais dans l’ensemble ça s’est bien passé et nous avons tous appris des choses pour que ça se passe mieux l’année prochaine. Quant à moi je comprends mieux l’importance des chefs et leur rôle dans le travail que nous faisons au Kenya.
Masai Mara
J’ai vu 2 girafes le long de la route, debout mangeant les feuilles d’un arbre sans se préoccuper des voitures qui passaient. Aucunes voitures ne s’arrêtaient d’ailleurs mais dans notre minibus plein de touristes, les amateurs de safari étaient stupéfiés! Vendredi dernier donc deux amies de mon école et une colocataire et un autre ami de Kisumu, nous sommes partis de Nairobi pour le Masai mari. Six heures de mauvaises routes à partir de Nairobi. Malgré les cahots, j’ai eu plaisir à découvrir la campagne kenyane, surtout les paysages de la vallée du Rift et plus tard les champs de blé. Je ne savais pas qu’il y avait des champs de blé et des moissonneuses batteuses au Kenya ! J’avais l’impression d’être un peu au Dhumeray où on fera bientôt la moisson et aussi dans le panier à pain des US où j’ai grandi.
Assez rapidement nous sommes arrivés au Mara et notre conducteur naviguait avec adresse le chemin qui menait à notre loge au milieu des zèbres, impalas et gnous paissant tranquillement dans le secteur. On se demandait pourquoi le guide ne nous laissait pas nous arrêter pour prendre des photos; on ne savait pas encore que dans les deux jours qui venaient nous verrions tant de ces animaux qu’on s’y habituerait et qu’on arrêterait de prendre des photos.
J’ai beaucoup aimé les zèbres et j’aurais aimé passer une heure à les regarder évoluer dans la savane mais mes compagnons n’auraient pas été d’accord et puis il y avait tellement d’autres animaux à voir. J’ai aussi beaucoup aimé les guépards. Nous en avons vu plusieurs entre autre une mère et ses petits et un jeune couple sous les arbres. Quand le dernier soir nous étions prêts à abandonner l’espoir de voir un lion, nous avons finalement aperçu une lionne qui chassait un phacochère. Il aurait été décevant de ne pas voir au moins un lion à Masai Mara. Le refuge où nous logions est sur les rives de la Mara, une rivière peuplée d’hippopotames. La sale à manger donne sur la rivière est permet de bien les observer. La nuit on pouvait les entendre appeler, changement agréable pour moi qui entend seulement bus et voitures la nuit à Kisumu.
En plus des zèbres, ce qui m’a fascinée c’est le paysage de Masai Mara. Besides the Zebras I was particularly fascinated by the landscape of the Mara. A Kisumu nous sommes au milieu de collines très verdoyantes, à Masai Mara nous étions au milieu d’une savane immense; herbes hautes avec de temps un acacia. Il y avait aussi de petits bosquets le long de ruisseaux et un peu de forêt plus dense sur une colline près du sanctuaire des hippos. A chaque tournant de chemin la vue était différente et il y avait un animal qui paissait tranquillement ou qui se reposait dans l’herbe.
C’était vraiment un beau voyage. Les couchants de soleil était magnifiques, les animauz fascinants, mes compagnons de voyage plein d’humour, relax et toujours prêts à partager la musique qu’ils écoutaient pour que le voyage semble moins long. Le Masai Mara est souvent la seule partie du Kenya que voient les touristes. C’est un très bel endroit bien sûr mais il y a tellement plus, les habitants et leur culture, la variété des paysages etc. Si jamais vous allez au Kenya bien sûr ne laissez pas Masai Mara de côté mais n’oubliez pas le reste du pays, c’est ce qui rend mon expérience ici si riche.
Wednesday, July 18, 2007
Le gamin le plus courageux.
Les enfants ici au Kenya aiment beaucoup faire un signe de la main au “Mzungu” (Le blanc ou l’étranger en Swahili) quand il ou elle passe dans la rue à pied ou en voiture. . Il crient: « Salut! Comment ça va ? » Mais si vous répondez avec une question, ils sont soudainement très timide ou ne semblent pas comprendre ce qu’on leur dit. L’autre jour j’achetais des fruits au marché et un petit garçon d’environ 8 ans a couru vers moi en disant « Salut ! » Je me suis arrêtée pour lui répondre et je l’ai vu jeter un coup d’œil derrière lui. J’ai aperçu à ce moment là à trois mètres de lui 4 de ses copains qui observaient de près ce qui se passait. Il semble qu’ils avaient dû faire un pari et que mon petit visiteur avait été le plus dégourdi. J’ai réussi à parler brièvement avec lui et après m’avoir serré la main il est reparti en courant et en riant. Souvent je croise des gamins qui me font signe mais en général ça ne va pas plus loin.
Il y a quelques semaines quand nous étions dans les villages à faire notre enquête, nous nous sommes entrées dans une concession où une demi-douzaine d’enfants jouait. Ils nous ont rejoint en courant mais ce sont arrêté net pour me dévisager. Ma collègue m’a présentée et j’ai serré la main de chacun. Ils avaient tous l’âge d’être à l’école mais ne parlaient ni anglais ni Swahili. C’était dans une région où se parle le Lou et où on apprend les deux autres langues que si on va à l’école. J’ai demandé à la mère des enfants si je pouvais prendre leur photo. Ils ont trouvé très drôle de se voir sur l’écran de mon appareil.
Parfois, quand j’ai passé ma journée devant mon écran d’ordinateur, il est facile d’oublier que tous ces chiffres représentent de vrais enfants qui sont ou ont été malades. Les rencontres d’enfants au cours de mes allers et retours ou visites diverses donnent un visage réel à mon travail et font de moi une meilleure analyste. Savoir qu’un jour ce que je fais pourra peut-être influencer les lois du gouvernement du Kenya et l’accès aux soins de santé des enfants de moins de 5 ans est important. Et j’espère qu’avec une meilleure santé plus d’enfants oseront un jour courir vers les mzungus pour leur serrer la main.
Wednesday, July 4, 2007
La ville de Kisumu
Merci à tous ceux qui m’ont envoyé des souhaits de bonne santé la semaine dernière. Je me sens à nouveau en forme après cet épisode d’infection virale africaine mais comme j’étais encore fatiguée, je suis restée à Kisumu le WE dernier.
C’était donc un WE parfait pour explorer un peu plus la ville de Kisumu et y découvrir des endroits pas encore vus. Kisumu s’étale le long du lac. Au centre ville il y a des boutiques et des endroits pour manger. Un peu plus loin il y a deux centres d’achats, un avec un grand supermarché, un cinéma, et encore des coins pour manger. Il y a aussi un bowling et un billard; je n’ai visité ni l’un ni l’autre. Dans l’autre centre, il y a un café très américain où je suis allée une fois mais qui semble fort peu à sa place dans cette partie du monde. Il y a aussi un musée en ville que j’ai visité ce WE. On y raconte l’histoire de la région et les traditions de la tribu principale qui vit dans ce coin. C’était intéressant parce que j’habite et travaille ici mais rien de très attirant pour un touriste ordinaire. Près du muse, la rangée inévitable de magasins avec masques africains, animaux de safari sculptés et objets en pierre à savon. Quelques trucs pas mal mais rien d’extraordinaire.
Après le musée, j’ai retrouvé mes amies pour manger dans un resto indien. La variété de restaurants est bien sûr plus limitée que celle de Washington ou celle d’Atlanta. L’endroit le plus populaire pour les « Mzungus » (le blanc ou l’étranger en Swahili) c’est « Mon Ami » avec son menu américo-européen. Il y a aussi quelques bons restaurants indiens surtout « Inca » où je suis allée deux fois. Il y a beaucoup de gens d’origine indienne au Kenya car à l’époque coloniale anglaise, beaucoup de travailleurs et de commerçants Indien avaient immigré ici. Donc quelques restos asiatiques chinois ou thaïlandais et bien sûr des restos africains populaires aussi bien dans les classes moyennes et supérieures kenyanes mais aussi parmi les mzungus.
Tous les jours il y a le long des rues principales en ville des échoppes de fortune qui vendent tout ce qu’on peut imaginer des fruits et légumes aux chaussures et aux livres. Il y a aussi de vrai marchés : un grand marché de fruits et légumes près d’où j’habite (avocats, mangues, ananas, tomates). Un autre grand marché est ouvert tous les jours près de la gare d’autobus. Dimanche je suis allée au marché Kibuye, le plus grand marché d’Afrique de l’est du dimanche. C’est immense, à chaque fois qu’on pense pouvoir en sortir, on se retrouve seulement à un tournant et devant une autre allée le long de s’aligne une autre rangée interminable de vendeurs divers. Il semble y avoir deux parties distinctes du marché. La première, très ouverte et étendue où se vendent des habits et ustensiles divers. Ensuite il y a des petites allées qui partent de la partie centrale comme des rayons avec des petites boutiques diverses. Ces allées souvent s’élargissent par endroits pour faire place à des minis marchés complets. Il semblent y avoir des sections spécialisées où tous les vendeurs offrent le même genre de marchandises: les sacs de riz dans un coin, les épices et le thé dans un autre, ceux qui travaillent le métal encore ailleurs etc. Dans ces sections chacun semble vendre la même chose et on se demande comment on choisit où acheter ce dont on a besoin et si qui que ce soit gagne sa vie dans Les couleurs et les sons peuvent à peine être décrits tant les extrêmes sont présents dans cet endroit devenu mon endroit préféré à Kisumu. Il y a quelques photos du marché sur mon site Picasa.
Ce que je vois de la ville le plus souvent de sont surtout les rues lors de mes allées et venues au travail. Les routes sont un grand bazar de voitures, jeeps, minibus, tusk-tuks (genre de taxi-brousse), bicyclettes et population. Regarder ce que chacun transporte de manière variée fait partie du plaisir des trajets au boulot ; les paniers sur les têtes des femmes, les bûches pour la cuisine sur la bicyclette, les enfants en route pour l’école sur le porte bagage, les sacs de riz et les chèvres sur le toit des bus, et encore bien des choses. Je n’ai pas encore vu d’accidents et pourtant chaque jour je pense que les accidents attendant à chaque coin de rue. Je fais vraiment attention en traversant les rues ou quand je marche où que ce soit car les véhicules semblent souvent se matérialiser à partir de rien; en plus comme en Angleterre, ici on conduit à gauche ce qui complique pas mal les choses.
Kisumu offre des exemples de richesse et de pauvreté extrêmes peut-être pas autant qu’à Nairobi mais ici les deux extrêmes sont plus mélangés et on trouve l’une à côté de l’autre fréquemment. C’est assez facile quand on travaille dans un laboratoire moderne, qu’on vit dans un complexe moderne avec l’électricité et internet (en tous cas de temps en temps) et qu’on va manger dans des coins sympas d’oublier que hors les murs il y a des enfants sans chaussures, des femmes qui portent le bois de leur feu de cuisson sur la tête et des hommes qui doivent faire vivre leur famille de huit personnes avec moins d’un dollar de paie pour une journée de travail. Voilà ce que je vois chaque jour et ce que je dois réconcilier avec la vie que je mène ici et aux US et avec le travail que je fais.