Friday, June 29, 2007

Contrôle des maladies basée sur les symptômes

Le contrôle des maladies est la pierre d’angle de la santé publique. C’est la capacité de dépister les maladies dans une population pour prévenir les épidémies et aussi, à une échelle plus modeste, pour informer le corps médical des tendances, saisonnières et autres, de l’étendue et de la diffusion de ces maladies pour permettre des traitements médicaux plus efficaces. Ce contrôle ou surveillance peut se faire dans les hôpitaux ou dans les dispensaires par un système de comptes-rendus sur l’état de la population qui fréquente l’hôpital. Cette méthode est plus intéressante pour des maladies relativement rares comme les cancers. Pour les maladies plus communes genre rhumes ou grippes étudier les banques de données d’un centre médical n’est pas aussi intéressant ; en effet, on ne se précipite pas à l’hôpital pour une grippe ou une diarrhée simple. En général ce sont des maladies de courtes durées pour lesquels les gens vont essayer des remèdes simples. Pour étudier ce genre de maladie et comment elles affectent une population, il faut vraiment faire du porte à porte et voir quels sont les divers symptômes rapportés par les gens eux-mêmes.

L’étude à laquelle je participe cet été au Kenya est une étude de ce type (en anglais « population-based disease surveillance study ») qui examine les maladies infectieuses communes dans une population rurale. On y étudie les symptômes ou groupes de symptômes indiquant une maladie infectieuse générale plutôt que des maladies spécifiques. Nous travaillons avec la population de la région d’Asembo, près de Kisumu, représentant environ 5000 foyers soit à peu près 25.000 personnes. L’équipe qui collecte les données passe dans chaque maison une fois tous les deux semaines pour demander si un membre de la maison a eu de la fièvre, des diarrhées, de la toux ou une jaunisse. Les symptômes ainsi que leurs durées sont classifiés et analysés et aident à comprendre la santé de cette population. Des informations complémentaires et plus spécifiques sont obtenues de l’hôpital local sur les individus qui y ont été hospitalisés.

Une poussée de fièvre pendant la saison des pluies comme en ce moment, est en général associée à la malaria. Il y a des gens qui après avoir souffert de quelques épisodes de fièvre malarique reconnaissent les symptômes et cherchent tout de suite un traitement approprié auprès de professionnels. Un test est recommandé pour être sûr; reconnaître la malaria la première fois qu’on croit en souffrir n’est pas vraiment possible. Ce week-end dernier, pendant une visite à un parc national pas très loin d’ici j’ai eu au milieu de la nuit une forte fièvre soudaine avec frissons alternés de grosses sueurs. C’est un signe classique de malaria et m’a fait vite comprendre ce qu’un vrai épisode de malaria peut être.

Au petit matin, dès que les routes furent suffisamment sèches pour circuler, mes amis m’ont ramenés le plus rapidement possible à Kisumu pour voir « mon équipe »d’experts : mon patron (médecine tropicale), sa femme (spécialiste de la malaria) la directrice du Center for Disease Control (CDC pour le quel je travaille) et quelques autres personnes du centre qui connaissent bien les maladies du coin. Je me sentais déjà mieux au milieu de cette équipe professionnelle et amicale. Après deux tests pour la malaria, tous deux négatifs (et faits dans les meilleurs labos du Kenya…), nous étions sûrs que ce n’était pas la malaria. Bonnes nouvelles pour moi surtout que je fais toujours très attention à bien prendre le médicament anti-malarique, à mettre des produits anti-moustiques et à porter pantalons longs et manches longues.

J’ai sans doute eu une infection virale quelconque comme celles que j’aurais pu avoir aux US, mais avoir ce genre d’expérience en Afrique fait plus peur car il y a tellement plus de maladies un peu effrayantes dans cette région. Je suis restée à la maison à me reposer ces trois jours et compte reprendre le travail avant la fin de la semaine.

Tuesday, June 26, 2007

Lac Victoria

Un des avantages de travailler au Kenya cet été en plus du boulot très intéressant, c’est que le Kenya offre de grandes richesses de vie sauvage. Le week-end dernier, nous sommes allés avec quelques amis observer la vie du Lac Victoria. Le Lac Victoria est le le plus grand lac d’Afrique et le plus grand lac tropical du monde. Il est aussi le deuxième lac du monde en surface. Le plus grand lac d’eau fraîche est le Lac Supérieur au Minnesota. Avoir grandi non loin du Lac Supérieur m’a fait aimer les lacs et m’a donné très envie de voir le Lac Victoria. Le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda partagent ses rives. C’est vraiment un grand lac ! C’est aussi là que prend sa source la plus longue branche du Nil, le Nil Blanc. (L’autre, c’est le Nil Bleu). Comme le reste du Kenya, le lac abrite beaucoup d’animaux et d’oiseaux que je n’ai jamais vu dans leur habitat naturel.

Nous sommes donc parties à six dimanche matin vers le lieu dit “Lave voitures.” C’est le seul accès public au lac de la ville. Il semble que chacun y amène son bus, sa voiture ou autre forme de transportation pour l’y laver. On conduit son véhicule dans le lac jusqu’à ce que l’eau couvre en partie les roues. Il y a aussi à cet endroit une longue rangée de restaurants qui servent uniquement du poisson frit péché dans le lac. Le seul poisson que j’ai vu ici c’est le tilapia. Dès que les pécheurs débarquent, les restaurateurs ouvrent le poisson, le nettoie et le plonge dans la friture. Quand on arrive pour manger, le cuistot vous fait choisir et le refrit ou bien le recuit dans une sauce.

Nous avions engagé un guide et un bateau à moteur pour la matinée dans le but d’aller observer les hippopotames, les oiseaux et les élevages de poissons le long du lac. Notre guide était excellent; il avait des yeux de lynx pour trouver les oiseaux le long de la rive et il connaissait un tas de choses sur la vie des hippopotames et sur la vie des gens qui vivent le long du lac. Les hippos étaient amusants mais pas aussi impressionnant que ce à quoi je m’attendais. C’était sans doute pas plus mal d’ailleurs car ils peuvent être très dangereux quand ils se mettent en colère. Nous avons en fait passé beaucoup plus de temps à observer les oiseaux qui sont nombreux et divers. Nous avons vu une colonie d’aigrettes, des cormorans, des oiseaux pécheurs, des tisserands, et plein de petits oiseaux très colorés dont je n’ai pas retenu les noms et le préféré de notre guide l’oiseau secrétaire bien connu au bord du lac ( ??? secretary bird). Les photos sont sur mon site photos.

Le plus intéressant pour moi c’étaient les bateaux de pécheurs. Il était tôt et plusieurs pécheurs tiraient encore leurs filets du lac. Les bateaux les plus communs sont de longs bateaux de bois qu’on propelle à l’aide de perches et quelquefois de rames. Le lac n’est pas très profond et donc pousser avec la perche ne semble pas trop difficile. Dans les plus gros bateaux une équipe d’hommes tirent le filet ensemble; les grands filets peuvent contenir des centaines de livres de poisons. Dans les petits bateaux un seul homme suffit, superbe photo à prendre! La réalité malheureusement ici comme ailleurs c’est que les petites entreprises de pêche ne sont plus profitables. Ce sont les grandes compagnies qui peuvent avancer leurs bateaux à moteur jusqu’au milieu du lac qui tirent des millions de la richesse de ce lac. A l’échelle d’une petite entreprise familiale, la pêche ici, comme la culture aux US ou en Europe n’apporte plus suffisamment de revenus pour la survie d’une famille.

Je retournerai sans doute une autre fois sur le lac avant de quitter le Kenya; au couchant du soleil ça doit être superbe. Entre temps je continuerai à manger du tilapia sur les rives de cet énorme lac.

Ce weekend, un groupe de quatre d’entre nous pense aller à la baie de Homa, au sud est de Kisumu. Un bel endroit paraît-il près du Parc national de Ruma où nous espérons voir l’antilope rouan qui ne se trouve nulle part ailleurs au monde.

Wednesday, June 20, 2007

4 Quatre sonneries par jour

Sonnerie # 1: Chacune de mes journées à Kisumu commence d’assez de bonne heure. D’habitude je suis réveillée avant 6 heures du matin par les bruits de la ville qui s’éveille et le soleil qui commence à briller. Nous sommes juste au sud de l’équateur et les journées durent presque exactement 12 heures : 6 heures à 18 heures. Le ciel s’éclaircit à partir de 5 heures et les rideaux de ma fenêtre ne sont pas comme des volets. Ensuite il y a les sonneries du “matatus”,les minibus qui font office de transports publics sur la rue principale à 200 mètres de la maison. Il y aussi le bruit des voitures et des gens ainsi que celui du gardien de nuit qui écoute les nouvelles ou qui discute avec le gardien de jour qui vient le relever de ses fonctions. Parfois c’est la pluie qui me réveille; heureusement il ne pleut que la nuit ou tôt le matin. Si jamais tout cela ne m’avait pas sortie du lit, mon réveil sonne à 6:30.


Sonnerie # 2: ma montre bipe à 7:15 pour me rappeler qu’il est temps de partir au boulot. Ma colocataire et moi marchons jusqu’à l’Hôpital Provincial à la rencontre de notre chauffeur. En ville les gens appellent cet hôpital, l’Hôpital Russe; il a été construit pendant la guerre froide avec de l’argent de l’URSS. Nous sommes les deux premières dans notre navette; ensuite nous zigzaguons en ville pour prendre 6 à 8 autres stagiaires et personnel vacataire. Pratiquement tout le personnel, kenyan et américain, arrive dans ces navettes. Le bureau est à plusieurs Kms de la ville sur un terrain magnifique partagé avec le plus grand labo de recherche médicale du Kenya. Nous sommes à notre poste à 8:15. Les gens commencent tôt ici et nous ne sommes pas les premières dans le bureau.


Sonnerie # 3: Ma montre rebipe à 9 heures pour me rappeler de prendre l’anti-malarique. Normalement je le prends au petit déjeuner mais comme il ne faut pas oublier, un rappel n’est pas superflu. La région de Kisumu, surtout au milieu de la saison des pluies comme maintenant est un des pires endroits au Kenya pour la malaria. L’organisation pour laquelle je travaille focalise ses efforts en priorité sur ce problème. La moitié environ des laboratoires se consacre à ce projet. Les moustiques porteurs se multiplient allègrement dans toute flaque d’eau dormante ; pas sur la Lac Victoria mais partout ailleurs dans toutes les flaques qui se forment après chaque pluie.


Déjeuner: Là je n’ai pas besoin de sonnerie pour me rappeler que c’est l’heure de déjeuner. Le petit déjeuner pris à 7 heures est déjà bien loin. En plus les kenyans mangent plutôt vers une heure de l’après-midi, et à cette heure là j’ai vraiment très faim. Les jours au bureau, il y a une pause thé Chai très respectée vers 10 heures; on peut acheter le thé sur place ainsi que des espèces de pâtisseries frites dont j’oublie le nom. Quand je suis sur le terrain, 2 ou 3 jours par semaine, ces jours-là j’essaie d’emporter un petit goûter car je suis à la merci des autres et de leurs horaires. Au bureau il y a une petite cantine dans un kiosque dehors; la plupart des employés mangent là et donc il y a souvent la queue. Je mange des plats Kenyans tous les jours, c’est-à-dire un mélange de riz, de légumes cuits, de viande bouillie et un peu de verdure cuite aussi.
At the office there is a little canteen in a kiosk outside, most everyone seems to eat there which means that sometimes there can be a long line. C’est consistant, très goûteux et très, très bon marché, ça me convient bien.
Sonnerie # 4: A 17:15 ma montre bipe une dernière fois pour me rappeler de quitter le bureau pour pouvoir attraper ma navette et rentrer chez moi. La navette part à 17:30, nous sommes juste un petit groupe à la prendre et le conducteur attend les retardataires. Tous les kenyans semble avoir leur portable; même dans les villages reculés on peut acheter un de quoi recharger sa carte de téléphone. Le service est très bon et semble parfois meilleur qu’aux US! Les kenyans ont l’art d’utiliser leurs téléphone de la façon la plus économique possible soit avec des texte messages soit avec un système qu’ils appellent “’éclair”et qui consiste à appeler quelqu’un mais à raccrocher après la première sonnerie. Celui qui reçoit le coup de fil peut identifier l’appeleur et ça ne coûte rien à qui que ce soit. Ce système permet donc par exemple au conducteur de la navette d’appeler un retardataire pour lui rappeler qu’il est temps de quitter le bureau et au retardataire de prévenir de son arrivée.

Dernier appel : Le soir nous sommes donc déchargés à notre porte vers 18 heures. Quelques fois nous allons en ville pour quelques courses alimentaires ou pour retrouver des amis. Il y a un marché de fruits et légumes à quelques rues de chez nous mais il faut aller au centre pour le pain, le lait etc. Quand nous rentrons, nous allons faire un plongeon dans la piscine et puis nous faisons la cuisine tous ensemble, souvent des pâtes et des légumes. Après le dîner nous bavardons entre voisins, jouons aux dés ou aux cartes, ou préparons lettres ou commentaires à envoyer du bureau le lendemain. Nous sommes au lit à 22 heures et le cycle reprend….


J’ai ajouté une carte sur mon blog pour ceux qui veulent voir où j’habite et où je travaille.

Monday, June 18, 2007

Karibu au Kenya!

Karibu est le premier mot de Swahili que j’ai appris à mon arrivée au Kenya il y a une semaine. Karibu veut dire “Bienvenue” et j’ai été très bien accueillie. Tous les Kenyans que j’ai rencontrés, où j’habite, et dans les hôpitaux et cliniques où est implanté le projet pour lequel je travaille m’ont dit “Karibu” dès qu’ils ont appris que je venais de débarquer.
Je suis arrivée à Kisumu mardi soir dernier et la fille très sympa qui partage mon appartement a elle aussi été très accueillante. Elle travaille au même endroit que moi pour un projet semblable. Nous sommes toutes les deux étudiantes aux US dans une école de santé publique. Elle est d’origine belge. Cette première semaine aurait été beaucoup plus difficile sans elle. Elle est arrivée une semaine avant moi et a pu être un très bon guide.

Kisumu est en taille la troisième ville du Kenya avec une population officielle de 250,000 personnes. Comme beaucoup de villes de pays en voie de développement, il y a de grandes zones de bas quartiers et autres zones résidentielles pas officielles tout le tour de la ville. C’est aussi au milieu de certains de ces endroits que se situent des poches de résidences très riches. J’ai eu une très belle vue de la ville en arrivant en avion, à l’heure du couchant de soleil. Kisumu est une ville plate qui s’est étalée le long du Lac Victoria, pourtant si ce n’était pour le poisson au marché on n’aurait pas l’impression d’habiter près d’un grand lac car on l’aperçoit rarement. J’habite dans un ensemble de résidences juste à l’extérieur de la ville. Tout est entouré d’un grand mur et il y a un garde en permanence. Il y a une grande maison divisée en 5 petits appartements et 3 petites maisons indépendantes. Le tout entouré d’un superbe jardin avec même une piscine…. Le propriétaire possède un garden center en ville. Notre appartement est assez agréable : nous avons une petite cuisine et un séjour. J’ai ma propre chambre bien qu’elle ne soit pas complètement fermée du reste de l’appart.

Je me sens quand même dans un cocon la nuit quand je dors sous ma moustiquaire. Quelques fois nous avons de l’eau chaude pour une douche mais le reste du temps l’eau froide est assez tiède pas comme l’eau glaciale qui descendait des montagnes en Bolivie ! Dans cet ensemble nous ne sommes que des étrangers en stage, 5 étudiants comme moi et ma colocataire, 4 missionnaires, une bénévole et une femme qui travaille ici et qui a ses deux petites filles avec elle. Nous sommes six du même âge; nous passons souvent les soirées ensemble et prévoyons des visites le WE pour explorer les environs.

Une épidémiologiste

Le 12 juin

Me voici officiellement embarquée pour mes aventures d’épidémiologiste. Je suis arrivée au Kenya hier soir et continuerai mon voyage vers mon lieu de travail demain. On peut définir un épidémiologiste ainsi : une personne qui étudie tous les éléments qui contribuent à la présence ou à l’absence de maladie dans une population. C’est en général ce que je ferai cet été dans une population rurale au bord du Lac Victoria, près de Kisumu au sud-ouest du Kenya.

Avant d’être officiellement consacrée «épidémiologiste », j’ai senti la nécessité de faire un petit pèlerinage à la pompe de John Snow et au pub du même nom à Soho. Ce pèlerinage me semblait presque aussi nécessaire que recevoir mon diplôme. John Snow est considéré comme le père de l’épidémiologie à cause de ses recherches effectuées à Soho (UK) pendant une épidémie de choléra en 1854.

John Snow avait retracé la cause de l’épidémie à la pompe de Broad Street (voir photo). « Chercher la poignée de la pompe » est une expression courante dans le jargon des épidémiologistes. Après la photo officielle à coté de la pompe, mon amie Allison et moi sommes allées boire une pinte de cidre au pub ne voulant pas nous rsiquer à boire l’eau de la pompe.

Coup D’Oeil

Le 8 juin
Si vous savez ce que vous cherchez, vous pouvez voir la ferme de mes grands-parents du train. C’est plus facile en retournant vers Paris car on trouve les repères plus rapidement. On ne l’aperçoit qu’un instant au fond d’une petite vallée. Il faut avoir un lien intime avec le Dhumeray pour ne pas le rater. Pour moi c’est le dernier instant des adieux sur le chemin du retour. Un instant impossible à capturer avec son appareil photo mais un instant que qui fait partie de mes rituels d’allers et venues à la ferme. Un instant, c’est ainsi que je pense aux photos que je prends. Je prends mes photos aux mêmes endroits que tous les touristes mais j’essaie toujours de trouver un petit quelque chose de spécial, parfois quelque chose qui n’est justement visible que très brièvement. En tant que photographe, Je sais qu’il y a un moment parfait pour une photo parfaite. La plupart des photographes admettraient je pense que ce moment parfait est souvent trop bref et donc qu’on doit personnellement garder le souvenir de cet instant. Quelque fois aussi on n’a pas son appareil, on n’a pas le temps ou pas le cœur. J’ai raté plein d’occasions de prendre de belles photos mais la plupart sont gravées dans ma tête. Jusqu’à il y a quelques semaines j’étais encore une amatrice fervente de la vieille école avec un appareil photo à pellicule. Pour ce voyage au Kenya, je me suis dit qu’il était temps de m’aventurer du coté du monde digital. J’ai encore mon fidèle Cannon en cas de conversion incomplète. Mon séjour en France m’a procuré une bonne occasion de m’exercer. J’aime la taille de mon nouvel appareil, il loge dans une petite poche et ne pèse pas bien lourd. C’est agréable de pouvoir voir sa photo de suite quand on prend des portraits. Bien sûr on prend beaucoup plus de photos et on ne fait pas autant attention avec un appareil digital mais on peut toujours trier à la fin de la journée. C’était agréable de prendre un tas de photos de mes cousins et de pouvoir les partager avec mes grands-parents dans les jours qui suivaient. Je vais aussi pouvoir mettre mes photos du Kenya sur Internet et les partager ainsi rapidement.

Voire mon site en anglais popur les indication comment voire mes photo sur internet. Il y a aussi un ligne sur la droite de votre encran.

Les bagages et Paris.

Le 27 mai

Après avoir expliqué pourquoi c’était un peu compliqué de faire ses bagages pour ce voyage à cause du passage en Europe (pas de place pour des choses plus élégantes pour la France car il fallait prévoir pas mal de choses pour le Kenya etc.) Clara continue avec un petit rapport sur Paris.

Donc à Paris j’avais plus l’air d’une touriste que ce que j’aurais aimé, mais, de toute façon, avec l’appareil photo à la main difficile de ne pas avoir l’air d’une touriste. Cela n’a pas empêché quelqu’un hier de me demander son chemin. Peut-être avais quand même l’air un peu français ! J’étais arrivée le jeudi soir et j’ai passé les deux jour suivant à me balader dans cette ville que j’aime. Le temps est un peu gris et pas idéal pour les photos mais par contre idéal pour la marche à pied. D’habitude j’ai un bon sens des directions mais hier je me suis laissée portée par l’exploration dans le quartier latin et plusieurs fois j’étais convaincue que la rivière était d’un coté alors qu’elle était à l’opposé ! Heureusement mon amie, qui habite dans le quartier, nous a redirigées sans me faire sentir que j’avais complètement perdu mes traits de parisiennes acquis quand nous étudiions ensemble à Paris.

Il y a quelque chose de spécial dans cette cille même au printemps quand trop de touristes l’envahissent. Un quelque chose de magique que l’on rencontre le plus facilement en se promenant dans les rues ou en s’asseyant sur un banc à la terrasse d’un café. Les musées sont pleins d’œuvres extraordinaires et il y a des centaines d’années d’histoire à chaque coin de rue, mais c’est dans la vie de tous les jours qu’est l’esprit de la ville. Paris pour moi ce sont les effluves de la boulangerie, les petits marchés, manger une crêpe au coin de la rue, trouver une terrasse de café d’où on puisse regarder les passants et bavarder avec une amie, et juste se balader sans sentir le besoin de tirer son appareil photo de son sac. Tout cela c’est Paris pour moi.

Chez Moi

Le 19 Mai

Quand je dis à mes amis que je rentre « à la maison », ils ne savent pas toujours de quoi je parle : le Minnesota, la France, Philadelphie, Washington, Atlanta ???? Je suis associée à tous ces endroits et selon les circonstances, c’ests chez moi ou ça a été chez moi. C’est parfois difficile pour certains de comprendre qu’on puisse avoir différents « chez soi ».

Ce n’est que quand mes parents ont déménager à Philadelphie que j’ai commencé à comprendre la phrase « Chez soi, c’est où on a son cœur ». Chez moi ce n’est plus seulement les quatre murs qui contiennent une bonne partie de mes souvenirs d’enfance, c’est l’endroit où ma famille se réunit, les endroits où j’ai vécu et commencé à construire ma vie, et ce sont dans ces endroits que j’ai un sentiment familier et agréable d’appartenance.

Chez moi, ce sera toujours dans le Minnesota. Les lacs, les forêts, le Mississipi, la Mayo clinique, l’université Sainte Catherine me sont tous familiers et sont une partie importante de qui je suis. Donc le Minnesota c’est chez moi même si je n’y ai plus de maison mais plutôt des invitations amicales et familiales ! Si on me demande d’où je suis, je répondrai sans doute du Minnesota puisque c’est là que j’ai passé la majorité de mes 22 premières années.

Je n’ai passé que très peu de temps dans la maison de mes parents à Philadelphie mes ses murs contiennent la familiarité de mon enfance et l’aise de savoir que j’y appartiens. Depuis 6 ans je n’y ai passé que 4 mois en tout plus ou moins et à chaque voyage je dois réapprendre où sont certaines choses et j’en découvre de nouvelles aussi mais la familiarité reste quand même et je comprends comment tout cela fait partie de « la maison ». Quand je sors de cette maison pour aller faire des courses ou marcher, ça semble encore un peu bizarre, mais je sais que j’appartiens à l’intérieur de cette maison.

Il y a aussi la France. Dhumeray est aussi familier pour moi que notre maison du Minnesota. J’y ai passé la plupart de mes vacances d’été quand j’étais enfant. Mon cœur y est dans cette longue maison où chaque salle a sa couleur. Tellement de souvenirs là aussi : les alcôves du grenier, la soirée de Noël où nous avons tant ri il y a quelques années quand 13 cousins ont dormi dans la grande chambre, les mariages des oncles et tantes, le 50ième anniversaire de mariage de mes grands-parents, les aventures à l’étang, le raft construit par mon grand-père, les tours en bicyclette dans la campagne, les tours en tracteur dans les champs, et parfois la recherche compliquée de trouver un endroit tranquille où se réfugier pour penser tranquillement loin des autres. Une des conséquences d’avoir une grande famille c’est qu’il est parfois un peu difficile de s’isoler mais je n’échangerai certainement pas ce petit plaisir pour tous les bons moments avec les cousins ou le lien fort que j’ai avec Dhumeray.

Paris est aussi « chez moi ». Je sais m’y retrouver ; j’y ai des rues et des cafés préférés, et surtout j’y ai un pont préféré (parait-il un signe sûr qu’on est parisien). Paris est magique pour moi, à chaque visite j’y découvre quelque chose de nouveau, quelque chose que je n’avais jamais vu. Je serai à Paris la semaine prochaine et m’étendrai certainement un peu sur le sujet.

Washington D.C. où j’ai habité trois ans est aussi chez moi dans un sens. Je sais aussi comment y circuler, j’y ai aussi des endroits préférés, et beaucoup de souvenirs. J’y suis à l’aise plus que dans toutes les autres grandes villes où j’ai vécu.

Maintenant il y a Atlanta, pas tout à fait encore chez moi. J’y suis plus à l’aise et je commence à pouvoir y trouver mon chemin ; sans doute que juste quand je devrais en partir au printemps prochain je commencerai à penser que c’est chez moi aussi. En attendant c’est l’endroit où sont mes quelques possessions et où je vis quand je ne suis pas en train de « rentrer à la maison » ou de voyager dans le vaste monde.