Wednesday, June 20, 2007

4 Quatre sonneries par jour

Sonnerie # 1: Chacune de mes journées à Kisumu commence d’assez de bonne heure. D’habitude je suis réveillée avant 6 heures du matin par les bruits de la ville qui s’éveille et le soleil qui commence à briller. Nous sommes juste au sud de l’équateur et les journées durent presque exactement 12 heures : 6 heures à 18 heures. Le ciel s’éclaircit à partir de 5 heures et les rideaux de ma fenêtre ne sont pas comme des volets. Ensuite il y a les sonneries du “matatus”,les minibus qui font office de transports publics sur la rue principale à 200 mètres de la maison. Il y aussi le bruit des voitures et des gens ainsi que celui du gardien de nuit qui écoute les nouvelles ou qui discute avec le gardien de jour qui vient le relever de ses fonctions. Parfois c’est la pluie qui me réveille; heureusement il ne pleut que la nuit ou tôt le matin. Si jamais tout cela ne m’avait pas sortie du lit, mon réveil sonne à 6:30.


Sonnerie # 2: ma montre bipe à 7:15 pour me rappeler qu’il est temps de partir au boulot. Ma colocataire et moi marchons jusqu’à l’Hôpital Provincial à la rencontre de notre chauffeur. En ville les gens appellent cet hôpital, l’Hôpital Russe; il a été construit pendant la guerre froide avec de l’argent de l’URSS. Nous sommes les deux premières dans notre navette; ensuite nous zigzaguons en ville pour prendre 6 à 8 autres stagiaires et personnel vacataire. Pratiquement tout le personnel, kenyan et américain, arrive dans ces navettes. Le bureau est à plusieurs Kms de la ville sur un terrain magnifique partagé avec le plus grand labo de recherche médicale du Kenya. Nous sommes à notre poste à 8:15. Les gens commencent tôt ici et nous ne sommes pas les premières dans le bureau.


Sonnerie # 3: Ma montre rebipe à 9 heures pour me rappeler de prendre l’anti-malarique. Normalement je le prends au petit déjeuner mais comme il ne faut pas oublier, un rappel n’est pas superflu. La région de Kisumu, surtout au milieu de la saison des pluies comme maintenant est un des pires endroits au Kenya pour la malaria. L’organisation pour laquelle je travaille focalise ses efforts en priorité sur ce problème. La moitié environ des laboratoires se consacre à ce projet. Les moustiques porteurs se multiplient allègrement dans toute flaque d’eau dormante ; pas sur la Lac Victoria mais partout ailleurs dans toutes les flaques qui se forment après chaque pluie.


Déjeuner: Là je n’ai pas besoin de sonnerie pour me rappeler que c’est l’heure de déjeuner. Le petit déjeuner pris à 7 heures est déjà bien loin. En plus les kenyans mangent plutôt vers une heure de l’après-midi, et à cette heure là j’ai vraiment très faim. Les jours au bureau, il y a une pause thé Chai très respectée vers 10 heures; on peut acheter le thé sur place ainsi que des espèces de pâtisseries frites dont j’oublie le nom. Quand je suis sur le terrain, 2 ou 3 jours par semaine, ces jours-là j’essaie d’emporter un petit goûter car je suis à la merci des autres et de leurs horaires. Au bureau il y a une petite cantine dans un kiosque dehors; la plupart des employés mangent là et donc il y a souvent la queue. Je mange des plats Kenyans tous les jours, c’est-à-dire un mélange de riz, de légumes cuits, de viande bouillie et un peu de verdure cuite aussi.
At the office there is a little canteen in a kiosk outside, most everyone seems to eat there which means that sometimes there can be a long line. C’est consistant, très goûteux et très, très bon marché, ça me convient bien.
Sonnerie # 4: A 17:15 ma montre bipe une dernière fois pour me rappeler de quitter le bureau pour pouvoir attraper ma navette et rentrer chez moi. La navette part à 17:30, nous sommes juste un petit groupe à la prendre et le conducteur attend les retardataires. Tous les kenyans semble avoir leur portable; même dans les villages reculés on peut acheter un de quoi recharger sa carte de téléphone. Le service est très bon et semble parfois meilleur qu’aux US! Les kenyans ont l’art d’utiliser leurs téléphone de la façon la plus économique possible soit avec des texte messages soit avec un système qu’ils appellent “’éclair”et qui consiste à appeler quelqu’un mais à raccrocher après la première sonnerie. Celui qui reçoit le coup de fil peut identifier l’appeleur et ça ne coûte rien à qui que ce soit. Ce système permet donc par exemple au conducteur de la navette d’appeler un retardataire pour lui rappeler qu’il est temps de quitter le bureau et au retardataire de prévenir de son arrivée.

Dernier appel : Le soir nous sommes donc déchargés à notre porte vers 18 heures. Quelques fois nous allons en ville pour quelques courses alimentaires ou pour retrouver des amis. Il y a un marché de fruits et légumes à quelques rues de chez nous mais il faut aller au centre pour le pain, le lait etc. Quand nous rentrons, nous allons faire un plongeon dans la piscine et puis nous faisons la cuisine tous ensemble, souvent des pâtes et des légumes. Après le dîner nous bavardons entre voisins, jouons aux dés ou aux cartes, ou préparons lettres ou commentaires à envoyer du bureau le lendemain. Nous sommes au lit à 22 heures et le cycle reprend….


J’ai ajouté une carte sur mon blog pour ceux qui veulent voir où j’habite et où je travaille.

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