Wednesday, August 22, 2007

Hier, j’étais au Kenya

En quittant Kisumu mon avion a décrit un large cercle au-dessus du Lac Victoria. De ma fenêtre j’ai vu le lac et la ville étendus juste au-dessous de moi. C’était la même vue que celle que j’avais eu en arrivant au Kenya 10 semaines plus tôt. Cette fois-ci cependant je connaissais le grand bâtiment sur la berge du lac et aussi le nom de la pointe herbue sans aucun arbre juste au-delà de la ville.

Dans l’avion en revenant plusieurs fois je me suis surprise à dire “Asante”, c’est à dire merci en Swahili. Je n’ai malheureusement pas appris beaucoup de Swahili mais j’ai essayé de beaucoup utiliser les mots que j’ai appris, merci étant l’un d’eux. Même si je parlais anglais dans une boutique, je disais merci en Swahili en partant pour une note plus personnelle. Bien sur, l’hôtesse dans l’avion ou le marchand à l’aéroport de Londres ne savaient pas ce que je disais, il fallait que je commence à réaliser que je n’étais plus au Kenya.

Le terme choc culturel est utilisé quand les gens arrivent dans un nouveau pays où les habitudes, la langue, et la culture sont très différents de chez eux. Le terme choc culturel inverse est utilisé pour décrire ce que ressentent les gens qui rentrent chez eux après un long séjour dans un autre pays, un sentiment de non appartenance temporaire. J’ai l’impression d’avoir passé une bonne partie de ma vie entre plusieurs cultures et pays et je ne ressens pas beaucoup les chocs culturels dans un sens ou dans l’autre. Je me glisse dans et hors d’une culture sans complètement réaliser que je change certaines façons d’être ou de faire pour me mettre aux normes culturelles de l’endroit où je me trouve. C’est seulement récemment que j’ai réalisé que j’avais appris à faire cela au cours de plusieurs années. Ça ne veut pas dire que j’oublie où j’étais hier si je suis ailleurs aujourd’hui ; je continue à en porter dans mon coeur les lieux, les gens, et les souvenirs. Cet été était rempli de moments et de rencontres humaines inoubliables. Quitter le Kenya et retourner à ma vie estudiantine à Atlanta ne veut pas dire que j’ai oublié l’endroit magnifique où je viens de passer 10 semaines ainsi que les gens et les expériences exceptionnels que j’y ai eues. J’ai presque 1000 photos et mon blog pour me rappeler tout cela ainsi que des amis de partout avec lesquels communiquer.

Je ne vais pas abandonner mon blog, mais je ne promets pas d’y être aussi fidèle que pendant ces trios derniers mois. Je ferai ce que je pourrai. Donc je dis “Karibu sana” à l’année scolaire, à revoir ma famille et mes amis, à pouvoir faire des coups de fil meilleur marché, et à avoir une connexion internet plus stable. Il me reste à choisir 3 ou 4 des plus belles photos de l’été à imprimer pour accrocher dans mon appartement. Le Kenya n’est donc pas si loin.

Sunday, August 12, 2007

A la recherche de la croix du sud

Ayant grandi au Minnesota, l’état de l’étoile polaire, j’ai toujours été intriguée par les étoiles qui ont guidé les explorateurs et les navigateurs voyageant autour du monde: l’étoile polaire et la croix du sud. Mon père connaissait beaucoup d’étoiles et de constellations et je me souviens de nombreuses soirées allongée dans l’herbe à examiner le ciel en écoutant ses explications. Je n’ai jamais été très douée pour me souvenir des constellations mais je peux quand même trouver la ceinture de Orion (le chasseur), les sept soeurs, la petite et la grande ourse et l’étoile polaire. Mon ami Hugh a été le premier à me montrer la croix du sud lors de mon premier voyage en Bolivie, mais c’est seulement au deuxième voyage qu’une autre amie Peggy m’a fait voir comment la trouver dans le ciel tous les soirs.
Pendant mes voyages en Bolivie et à Madagascar, chaque soir j’ai cherché la croix du sud et senti en la regardant comme une direction vers un chez moi, une sorte d’ancrage spirituel. Ici au Kenya, je peux la voir de mon pas de porte, bas au-dessus de l’horizon. Kisumu est seulement à 60 kilomètres au sud de l’équateur; c’est une ville avec peu de lumière la nuit et quand le ciel est clair on peut voir la croix bien nettement. Malheureusement, souvent ces deux derniers mois les nuits étaient nuageuses et pluvieuses puisque nous sommes encore dans la saison des pluies.
Le soir des longues journées à côtoyer pauvreté, maladie et désespoir, voir la croix du sud a été pour moi une façon de me rappeler que, en dépit de l’impossibilité de guérir quelqu’un ou d’améliorer sa santé, je n’étais pas seule au monde. Ça ne veut pas dire que chaque soir est ainsi facile ou que chaque jour je me souviens de tout cela, mais chercher la croix du sud dans le ciel fait parti d’un processus de recherche personnelle. Une recherche pour comprendre les réalités de la vie ici et quelle place j’y tiens. Faire face aux réalités de la vie ici a été particulièrement difficile cette semaine au petit hôpital où je rassemblais des données; un jour j’y ai vu un jeune enfant très malade, 12 mois environ. Il avait une pneumonie grave et se battait pour chaque inspiration mais il n’y avait pas l’équipement nécessaire pour l’aider à respirer. Il s’est battu toute la nuit mais est mort au petit matin avant qu’on ait pu l’évacuer vers un hôpital plus important. Ce jour là un autre enfant est mort dans ce même hôpital de la même maladie. J’ai passé le plus clair de mon été à analyser des statistiques pour la région et je sais que la mortalité infantile y est très forte, environ 250 pour 1000. Mais ces connaissances n’aident ni à accepter la mort de ces deux enfants plus facilement ni à la rendre moins triste.

Ce sont des expériences comme celles de cette semaine qui me font réaliser que je cherche dans le noir et que je ne suis pas sure de la direction à prendre et que j’I grand besoin d’un guide aussi grand que le ciel pour me montrer le chemin. Quand on habite dans une grande ville, il est difficile de voir les étoiles, et la vitesse, le stress et l’affairement de tous les jours compliquent la recherche de sa propre direction. La connexion spirituelle que je ressens quand je suis ici juste sous l’équateur à la lumière de la croix du sud va me manquer.

(Un grand merci à Steve et Alene dont le journal lors de leur séjour au Kenya en 2006 m’a donné l’idée de faire ce blog).

Ma journée préférée

Cette dernière fin de semaine avec 4 amis je suis allée faire un grand tour à pied près de Kisumu. J’avais une petite carte gribouillée par une amie et une vague idée de la direction dans laquelle nous allions. Ce qui m’intéressait surtout c’était voir de près les énormes rochers sur les collines au-dessus de Kisumu. Il faisait déjà chaud à 10 heures quand nous sommes parties mais il avait plu très fort pendant la nuit et il avait fallu attendre que les chemins de terre aient un peu séché.
Nous avons suivi un chemin sur lequel aucune voiture n’était passée depuis longtemps puisque la rivière a emporté le pont qui la traverse il y a des mois. Il y a un pont bien costaud pour les piétons et les bicyclettes mais les voitures venant de Kisumu ne peuvent pas passer. Les gens sur le pas de leur porte ou dans leurs champs nous faisaient signe de la main. Nous leur répondions en Swahili, “Habiri” (Salut, comment ça va?) ce à quoi ils répondaient à leur tour « Mzuri » (Ça va). Des enfants courraient sur la route en criant salut et d’autres se cachaient dès que nous arrivions. Il y a certainement un moment qu’on avait pas vu sur cette route 3 blancs, une asiatique et une indienne en balade !

Nous avons grimpé en haut des collines pour examiner ces gros blocs de pierre éparses sur les coteaux. Nous avons donc pris un sentier étroit coupe à flanc de coteau. Vers midi nous nous sommes installés à l’ombre d’un rocher pour manger et nous reposer. Nous étions à peine installés qu’une très belle femme souriante et ses quatre enfants se sont approchés de nous. Elle nous a dit qu’elle était heureuse de nous avoir là et nous a souhaité la bienvenue dans son village. Son champ était juste à coté de l’endroit que nous avions choisi pour notre pique-nique. Pendant que je passais des petits gâteaux aux enfants, mes amis parlaient du village avec cette femme. Son mari nous a aussi rejoint et nous a expliqué qu’il allait à une réunion à leur dispensaire local. Après qu’on lui ait expliqué ce que nous faisions au Kenya, il nous a invité à le suivre. Le dispensaire était petit avec juste un minimum d’équipement mais les six membres du conseil de direction étaient très fiers d’avoir été les premiers du secteur à construire un dispensaire dont le personnel était fourni par le ministère de la santé.
Après quelques photos de groupe, nous avons repris le chemin de Kisumu. Deux enfants du village nous ont servi de guide. Nous avions tous des bonnes chaussures de marche et ces deux gamins ne portaient que des tongues ! Ils nous ont conduits bien au-delà du village pour être sûrs qu’on prenne un chemin qui nous mène à un pont solide pour retraverser la rivière.
Après 5 heures de marche nous étions de retour à la maison fatigués même épuisés mais si heureux. Cette journée est jusque là ma journée préférée au Kenya : pas les zèbres, ni les lions ou les hippopotames mais un peu de temps dans ce village à partager la vie de tous les jours avec des kenyans. J’ai eu une vie privilégiée ici, je suis souvent allée sur le terrain pour notre projet mais toujours dans la grande Land Rover blanche avec le logo du CDC (Center for Disease Control) sur le coté et mon badge vert sur ma chemise. Nous allons dans des endroits où les gens ont l’habitude que des blancs viennent leur poser des questions et où peut-être ils ont aussi une vie un peu différente car le projet leur apporte quelques services que les autres n’ont pas. Ceux qui nous ont salués et accueillis dans les collines et qui nous ont fait visiter leur dispensaire étaient juste heureux de nous ouvrir leur porte et de partager un peu de leur vie avec des étrangers. Je suis seulement désolée qu’il m’ait fallu deux mois pour voir ce côté du Kenya et pour avoir une expérience plus personnelle et intense avec des Kenyans si accueillants !

Thursday, August 2, 2007

En attendant

Le long des routes ici, je vois toujours des gens assis qui semblent ne rien faire. En train d’attendre ? Mais quoi ? Je ne suis pas sûre. Certains attendent peut-être de quoi les emmener en ville ce qui peut prendre toute la matinée puisque souvent les matatus (taxis brousses) sont si pleins qu'ils ne s'arrêtent pas. D'autres sont en train de garder leurs chèvres ou leurs vaches qui paissent le long de la route. En ville les gens attendent aussi; ils font la queue à la banque ou à la poste, ils attendent un boulot ou un client. Attendre fait partie de la vie de tous les jours pour la plupart des Kenyans et personne ne semble remarquer que si les choses étaient mieux organisées, on n’aurait pas besoin de toujours attendre.
Attendre fait aussi partie de mes journées. Au bureau j'attends que les données soient prêtes à analyser. Sur le terrain, j'attends que les échantillons de sang et de selles arrivent à la clinique centrale pour pouvoir les emporter dans notre jeep au laboratoire d'analyse. J'attends les réunions, j'attends la navette pour rentrer à la maison, et j'attends mon plat au restaurant; j'attends les gens et les choses. Je suis plus consciente de ces attentes ici. Bien elles existent aussi aux US mais là-bas on prévoit une quinzaine de minutes d'attente, ici il vaut mieux prévoir une heure. Ça me donne le temps de voir le monde tourner et de prendre quelques bonnes photos mais quelquefois j'aimerais bien que les choses bougent un peu plus vite pour éviter de penser à tout ce que je pourrais ou devrais accomplir pendant ces temps d'attente. En général je suis relativement patiente et j'essaie d'aller à la vitesse générale au Kenya mais il y a des jours où je suis frustrée par les insuffisances d'un pays avec un tel potentiel. Si seulement il y avait un peu plus d'efficacité générale et si les routes n'étaient pas si mauvaises ! Les routes, un sujet à elles seules, seront pour un autre jour.
Hier j'ai passé ma journée à attendre une variété de choses. J'ai donc utilisé mon temps à écrire mon blog; ce n'était pas du temps perdu, seulement une utilisation du temps différente de celle que j’avais prévue. Avec un peu de chance, aujourd'hui quand je retourne sur le terrain, j'aurai moins d'attente... si non, eh bien, j’aurai le temps d’allonger mon blog !

Thursday, July 26, 2007

Un peu plus….

A l’heure du thé hier, une de mes amies m’a demandé ce qui restait sur ma liste de « A Faire » au Kenya. Je repars dans deux semaines et bien sûr j’ai l’impression que le temps file tout autant pour le séjour ici que pour mon projet au travail.

Ma liste de choses à faire ici était à l’origine très courte; je ne savais pas à quoi m’attendre n’ayant pas eu beaucoup de temps pour lire mon guide touristique. Des amis m’avaient dit que de Kisumu il fallait que j’aille dans la forêt tropicale de Kakagema et au Parc National de Nakuru. Ces deux voyages étaient merveilleux et très différents. Kakamega est la seule forêt tropicale qui reste au Kenya. Nous y avons passé un très bon week-end dans une chouette petite auberge de style anglais. C’était reposant, calme le soir, et un endroit sympa pour les grandes marches. J’y ai vu beaucoup d’oiseaux, de fleurs, de papillons et de singes. Nous avons marché jusqu’à la rivière Yala prête à sortir de son lit à cause des pluies récentes. J’ai passé cette fin de semaine-là avec deux anthropologues et trois autres stagiaires. Nous avons parlé tard dans la nuit et discuté de la culture et de la santé au Kenya, c’était très intéressant.
Le week-end dernier je suis allée à Nakuru pour voir les flamands roses. C’était le voyage que je voulais vraiment faire. J’ai trouvé les flamands fascinants et il y en avait tellement, c’était superbe. Il y en a environ 3000 sur le lac. C’était merveilleux de voir cette masse de couleurs évoluer et s’appeler. Il y avait aussi beaucoup d’autres oiseaux au bord de l’eau mais pas aussi beaux et gracieux que les flamands. Je suis restée au moins une heure sur la berge à regarder les oiseaux et à prendre des photos. Le reste du parc aussi est beau. Nous y avons vu des buffles, des zèbres, des girafes et des rhinocéros. Les zèbres continuent à être mes animaux préférés avec les flamands en deuxième position.

Mon séjour se termine et je suis curieuse de savoir qui a lu mon « blog » cet été et j’aimerais que vous me posiez des questions si vous en avez sur le Kenya, ma vie ici, le travail que je fais ou bien sur les zèbres. Laissez-moi un message dans la section commentaires du « blog » et je répondrai.

Sunday, July 22, 2007

Jour de remerciements pour les chefs

Le groupe avec lequel je travaille au Kenya doit coopérer de façon très active avec les chefs de clan et de village pour que les projets soient approuvés dans toute la région. Chaque année donc les chefs sont invites sur le campus principal du Centre pour le Contrôle des maladies. Au programme, visite du campus et des laboratoires, présentations des projets et discussions. Vendredi dernier, environ 200 chefs et quelques sous-chefs de cinq districts ont donc débarqué. J’avais proposé mes services, surtout par curiosité pour voir qui étaient ces chefs puisqu’ils ont tant de pouvoir sur le sort des projets de recherche dans leurs communautés respectives. Au début de la semaine, on m’avait dit que tout était organisé. Ça m’étonnait un peu, car au Kenya comme ailleurs, dans ce genre de rencontre on a toujours besoin de main-d’œuvre en plus. En plus, j’ai suffisamment passé de temps ici pour savoir que même si vous avez un expert au planning, les choses se passent rarement comme prévu. Imaginez vous à la tête de l’événement: surveillance à l’entrée pour les questions de sécurité, organisation des visites, arrangements des sièges et des places pour la présentation, présentation du directeur, déjeuner pour 200…. Tout cela à faire en moins d’une semaine. Quasiment autant de travail qu’un mariage et en plus il faut s’assurer que tous les invités seront contents sinon on ne peut plus travailler. Inutile de dire qu’il y avait pas mal de tension dans les bureaux. .
Le grand jour est arrivé. On avait accepté mon aide et j’étais priée d’être prête à 13 :30 pour aider à la prise de la photo officielle. A 11 heures, j’ai reçu un appel à l’aide et n’ai pas arrêté avant 15 heures. J’étais un peu crevée et j’avais très chaud mais j’étais heureuse d’avoir aidé et surtout d’avoir vu la tête des chefs. C’était un groupe très divers, des vieux, des jeunes, certains en habit civil, d’autres en uniforme militaire, certains très attentifs pendant la présentation alors que d’autres dormaient. J’étais surprise de voir 10 femmes dans le groupe; j’ai vu très peu de femmes en position d’autorité pendant mon séjour et c’était donc une bonne surprise.
La journée s’est bien passée et je pense que les chefs ont appris beaucoup de choses sur notre travail et qu’ils étaient contents qu’on réponde à leurs questions. La période de discussion avec questions et réponses était très intéressante avec certaines questions très sophistiquées et techniques et d’autres étaient plus que basiques. Bien sur, une journée comme celle-là se termine rarement sans quelques problèmes : les nôtres sont survenus à l’heure du repas. Nous avions tout juste de quoi nourrir tout le monde mais malheureusement certains plats de carbohydrates essentiels à tous les repas kenyans se sont épuisés trop rapidement. Il n’y avait pas assez de serveurs et je me suis retrouvée aux boissons alors que mes colocataires étaient au buffet y compris la végétarienne qui servait le poulet….
Quelques différences culturelles: je crois que dans un événement comme celui-ci, aux US les gens sont plus proactifs et essaient de prévoir et prévenir les problèmes éventuels. Autre différence, les assiettes étaient en métal et les boissons servies dans du verre. En plus, après le repas chacun a laissé son assiette etc. sur l’herbe sans réaliser qu’il y avait une table spéciale pour mettre la vaisselle sale. C’est possible qu’on n’ait pas précisé mais il me semble que c’est aussi une question d’habitudes. De notre côté nous avons fait un gros faux-pas culturel en oubliant d’organiser une station pour le lavage des mains avant et après le repas. Dans la culture kenyane, le lavage des mains est un rituel, d’autant plus que souvent on mange avec les mains ce qui n’était pas le cas ce jour-là mais quand même (commentaire de la traductrice, ce n’était pas très fort pour des spécialiste de la santé)..…. Plusieurs chefs m’ont demandé où se laver les mains, un peu gênant. Nous avons sans doute fait quelques autres oublis mais dans l’ensemble ça s’est bien passé et nous avons tous appris des choses pour que ça se passe mieux l’année prochaine. Quant à moi je comprends mieux l’importance des chefs et leur rôle dans le travail que nous faisons au Kenya.

Masai Mara

J’ai vu 2 girafes le long de la route, debout mangeant les feuilles d’un arbre sans se préoccuper des voitures qui passaient. Aucunes voitures ne s’arrêtaient d’ailleurs mais dans notre minibus plein de touristes, les amateurs de safari étaient stupéfiés! Vendredi dernier donc deux amies de mon école et une colocataire et un autre ami de Kisumu, nous sommes partis de Nairobi pour le Masai mari. Six heures de mauvaises routes à partir de Nairobi. Malgré les cahots, j’ai eu plaisir à découvrir la campagne kenyane, surtout les paysages de la vallée du Rift et plus tard les champs de blé. Je ne savais pas qu’il y avait des champs de blé et des moissonneuses batteuses au Kenya ! J’avais l’impression d’être un peu au Dhumeray où on fera bientôt la moisson et aussi dans le panier à pain des US où j’ai grandi.

Assez rapidement nous sommes arrivés au Mara et notre conducteur naviguait avec adresse le chemin qui menait à notre loge au milieu des zèbres, impalas et gnous paissant tranquillement dans le secteur. On se demandait pourquoi le guide ne nous laissait pas nous arrêter pour prendre des photos; on ne savait pas encore que dans les deux jours qui venaient nous verrions tant de ces animaux qu’on s’y habituerait et qu’on arrêterait de prendre des photos.

J’ai beaucoup aimé les zèbres et j’aurais aimé passer une heure à les regarder évoluer dans la savane mais mes compagnons n’auraient pas été d’accord et puis il y avait tellement d’autres animaux à voir. J’ai aussi beaucoup aimé les guépards. Nous en avons vu plusieurs entre autre une mère et ses petits et un jeune couple sous les arbres. Quand le dernier soir nous étions prêts à abandonner l’espoir de voir un lion, nous avons finalement aperçu une lionne qui chassait un phacochère. Il aurait été décevant de ne pas voir au moins un lion à Masai Mara. Le refuge où nous logions est sur les rives de la Mara, une rivière peuplée d’hippopotames. La sale à manger donne sur la rivière est permet de bien les observer. La nuit on pouvait les entendre appeler, changement agréable pour moi qui entend seulement bus et voitures la nuit à Kisumu.

En plus des zèbres, ce qui m’a fascinée c’est le paysage de Masai Mara. Besides the Zebras I was particularly fascinated by the landscape of the Mara. A Kisumu nous sommes au milieu de collines très verdoyantes, à Masai Mara nous étions au milieu d’une savane immense; herbes hautes avec de temps un acacia. Il y avait aussi de petits bosquets le long de ruisseaux et un peu de forêt plus dense sur une colline près du sanctuaire des hippos. A chaque tournant de chemin la vue était différente et il y avait un animal qui paissait tranquillement ou qui se reposait dans l’herbe.

C’était vraiment un beau voyage. Les couchants de soleil était magnifiques, les animauz fascinants, mes compagnons de voyage plein d’humour, relax et toujours prêts à partager la musique qu’ils écoutaient pour que le voyage semble moins long. Le Masai Mara est souvent la seule partie du Kenya que voient les touristes. C’est un très bel endroit bien sûr mais il y a tellement plus, les habitants et leur culture, la variété des paysages etc. Si jamais vous allez au Kenya bien sûr ne laissez pas Masai Mara de côté mais n’oubliez pas le reste du pays, c’est ce qui rend mon expérience ici si riche.

Wednesday, July 18, 2007

Le gamin le plus courageux.

Les enfants ici au Kenya aiment beaucoup faire un signe de la main au “Mzungu” (Le blanc ou l’étranger en Swahili) quand il ou elle passe dans la rue à pied ou en voiture. . Il crient: « Salut! Comment ça va ? » Mais si vous répondez avec une question, ils sont soudainement très timide ou ne semblent pas comprendre ce qu’on leur dit. L’autre jour j’achetais des fruits au marché et un petit garçon d’environ 8 ans a couru vers moi en disant « Salut ! » Je me suis arrêtée pour lui répondre et je l’ai vu jeter un coup d’œil derrière lui. J’ai aperçu à ce moment là à trois mètres de lui 4 de ses copains qui observaient de près ce qui se passait. Il semble qu’ils avaient dû faire un pari et que mon petit visiteur avait été le plus dégourdi. J’ai réussi à parler brièvement avec lui et après m’avoir serré la main il est reparti en courant et en riant. Souvent je croise des gamins qui me font signe mais en général ça ne va pas plus loin.

Il y a quelques semaines quand nous étions dans les villages à faire notre enquête, nous nous sommes entrées dans une concession où une demi-douzaine d’enfants jouait. Ils nous ont rejoint en courant mais ce sont arrêté net pour me dévisager. Ma collègue m’a présentée et j’ai serré la main de chacun. Ils avaient tous l’âge d’être à l’école mais ne parlaient ni anglais ni Swahili. C’était dans une région où se parle le Lou et où on apprend les deux autres langues que si on va à l’école. J’ai demandé à la mère des enfants si je pouvais prendre leur photo. Ils ont trouvé très drôle de se voir sur l’écran de mon appareil.

Parfois, quand j’ai passé ma journée devant mon écran d’ordinateur, il est facile d’oublier que tous ces chiffres représentent de vrais enfants qui sont ou ont été malades. Les rencontres d’enfants au cours de mes allers et retours ou visites diverses donnent un visage réel à mon travail et font de moi une meilleure analyste. Savoir qu’un jour ce que je fais pourra peut-être influencer les lois du gouvernement du Kenya et l’accès aux soins de santé des enfants de moins de 5 ans est important. Et j’espère qu’avec une meilleure santé plus d’enfants oseront un jour courir vers les mzungus pour leur serrer la main.

Wednesday, July 4, 2007

La ville de Kisumu

Merci à tous ceux qui m’ont envoyé des souhaits de bonne santé la semaine dernière. Je me sens à nouveau en forme après cet épisode d’infection virale africaine mais comme j’étais encore fatiguée, je suis restée à Kisumu le WE dernier.

C’était donc un WE parfait pour explorer un peu plus la ville de Kisumu et y découvrir des endroits pas encore vus. Kisumu s’étale le long du lac. Au centre ville il y a des boutiques et des endroits pour manger. Un peu plus loin il y a deux centres d’achats, un avec un grand supermarché, un cinéma, et encore des coins pour manger. Il y a aussi un bowling et un billard; je n’ai visité ni l’un ni l’autre. Dans l’autre centre, il y a un café très américain où je suis allée une fois mais qui semble fort peu à sa place dans cette partie du monde. Il y a aussi un musée en ville que j’ai visité ce WE. On y raconte l’histoire de la région et les traditions de la tribu principale qui vit dans ce coin. C’était intéressant parce que j’habite et travaille ici mais rien de très attirant pour un touriste ordinaire. Près du muse, la rangée inévitable de magasins avec masques africains, animaux de safari sculptés et objets en pierre à savon. Quelques trucs pas mal mais rien d’extraordinaire.

Après le musée, j’ai retrouvé mes amies pour manger dans un resto indien. La variété de restaurants est bien sûr plus limitée que celle de Washington ou celle d’Atlanta. L’endroit le plus populaire pour les « Mzungus » (le blanc ou l’étranger en Swahili) c’est « Mon Ami » avec son menu américo-européen. Il y a aussi quelques bons restaurants indiens surtout « Inca » où je suis allée deux fois. Il y a beaucoup de gens d’origine indienne au Kenya car à l’époque coloniale anglaise, beaucoup de travailleurs et de commerçants Indien avaient immigré ici. Donc quelques restos asiatiques chinois ou thaïlandais et bien sûr des restos africains populaires aussi bien dans les classes moyennes et supérieures kenyanes mais aussi parmi les mzungus.

Tous les jours il y a le long des rues principales en ville des échoppes de fortune qui vendent tout ce qu’on peut imaginer des fruits et légumes aux chaussures et aux livres. Il y a aussi de vrai marchés : un grand marché de fruits et légumes près d’où j’habite (avocats, mangues, ananas, tomates). Un autre grand marché est ouvert tous les jours près de la gare d’autobus. Dimanche je suis allée au marché Kibuye, le plus grand marché d’Afrique de l’est du dimanche. C’est immense, à chaque fois qu’on pense pouvoir en sortir, on se retrouve seulement à un tournant et devant une autre allée le long de s’aligne une autre rangée interminable de vendeurs divers. Il semble y avoir deux parties distinctes du marché. La première, très ouverte et étendue où se vendent des habits et ustensiles divers. Ensuite il y a des petites allées qui partent de la partie centrale comme des rayons avec des petites boutiques diverses. Ces allées souvent s’élargissent par endroits pour faire place à des minis marchés complets. Il semblent y avoir des sections spécialisées où tous les vendeurs offrent le même genre de marchandises: les sacs de riz dans un coin, les épices et le thé dans un autre, ceux qui travaillent le métal encore ailleurs etc. Dans ces sections chacun semble vendre la même chose et on se demande comment on choisit où acheter ce dont on a besoin et si qui que ce soit gagne sa vie dans Les couleurs et les sons peuvent à peine être décrits tant les extrêmes sont présents dans cet endroit devenu mon endroit préféré à Kisumu. Il y a quelques photos du marché sur mon site Picasa.

Ce que je vois de la ville le plus souvent de sont surtout les rues lors de mes allées et venues au travail. Les routes sont un grand bazar de voitures, jeeps, minibus, tusk-tuks (genre de taxi-brousse), bicyclettes et population. Regarder ce que chacun transporte de manière variée fait partie du plaisir des trajets au boulot ; les paniers sur les têtes des femmes, les bûches pour la cuisine sur la bicyclette, les enfants en route pour l’école sur le porte bagage, les sacs de riz et les chèvres sur le toit des bus, et encore bien des choses. Je n’ai pas encore vu d’accidents et pourtant chaque jour je pense que les accidents attendant à chaque coin de rue. Je fais vraiment attention en traversant les rues ou quand je marche où que ce soit car les véhicules semblent souvent se matérialiser à partir de rien; en plus comme en Angleterre, ici on conduit à gauche ce qui complique pas mal les choses.

Friday, June 29, 2007

Contrôle des maladies basée sur les symptômes

Le contrôle des maladies est la pierre d’angle de la santé publique. C’est la capacité de dépister les maladies dans une population pour prévenir les épidémies et aussi, à une échelle plus modeste, pour informer le corps médical des tendances, saisonnières et autres, de l’étendue et de la diffusion de ces maladies pour permettre des traitements médicaux plus efficaces. Ce contrôle ou surveillance peut se faire dans les hôpitaux ou dans les dispensaires par un système de comptes-rendus sur l’état de la population qui fréquente l’hôpital. Cette méthode est plus intéressante pour des maladies relativement rares comme les cancers. Pour les maladies plus communes genre rhumes ou grippes étudier les banques de données d’un centre médical n’est pas aussi intéressant ; en effet, on ne se précipite pas à l’hôpital pour une grippe ou une diarrhée simple. En général ce sont des maladies de courtes durées pour lesquels les gens vont essayer des remèdes simples. Pour étudier ce genre de maladie et comment elles affectent une population, il faut vraiment faire du porte à porte et voir quels sont les divers symptômes rapportés par les gens eux-mêmes.

L’étude à laquelle je participe cet été au Kenya est une étude de ce type (en anglais « population-based disease surveillance study ») qui examine les maladies infectieuses communes dans une population rurale. On y étudie les symptômes ou groupes de symptômes indiquant une maladie infectieuse générale plutôt que des maladies spécifiques. Nous travaillons avec la population de la région d’Asembo, près de Kisumu, représentant environ 5000 foyers soit à peu près 25.000 personnes. L’équipe qui collecte les données passe dans chaque maison une fois tous les deux semaines pour demander si un membre de la maison a eu de la fièvre, des diarrhées, de la toux ou une jaunisse. Les symptômes ainsi que leurs durées sont classifiés et analysés et aident à comprendre la santé de cette population. Des informations complémentaires et plus spécifiques sont obtenues de l’hôpital local sur les individus qui y ont été hospitalisés.

Une poussée de fièvre pendant la saison des pluies comme en ce moment, est en général associée à la malaria. Il y a des gens qui après avoir souffert de quelques épisodes de fièvre malarique reconnaissent les symptômes et cherchent tout de suite un traitement approprié auprès de professionnels. Un test est recommandé pour être sûr; reconnaître la malaria la première fois qu’on croit en souffrir n’est pas vraiment possible. Ce week-end dernier, pendant une visite à un parc national pas très loin d’ici j’ai eu au milieu de la nuit une forte fièvre soudaine avec frissons alternés de grosses sueurs. C’est un signe classique de malaria et m’a fait vite comprendre ce qu’un vrai épisode de malaria peut être.

Au petit matin, dès que les routes furent suffisamment sèches pour circuler, mes amis m’ont ramenés le plus rapidement possible à Kisumu pour voir « mon équipe »d’experts : mon patron (médecine tropicale), sa femme (spécialiste de la malaria) la directrice du Center for Disease Control (CDC pour le quel je travaille) et quelques autres personnes du centre qui connaissent bien les maladies du coin. Je me sentais déjà mieux au milieu de cette équipe professionnelle et amicale. Après deux tests pour la malaria, tous deux négatifs (et faits dans les meilleurs labos du Kenya…), nous étions sûrs que ce n’était pas la malaria. Bonnes nouvelles pour moi surtout que je fais toujours très attention à bien prendre le médicament anti-malarique, à mettre des produits anti-moustiques et à porter pantalons longs et manches longues.

J’ai sans doute eu une infection virale quelconque comme celles que j’aurais pu avoir aux US, mais avoir ce genre d’expérience en Afrique fait plus peur car il y a tellement plus de maladies un peu effrayantes dans cette région. Je suis restée à la maison à me reposer ces trois jours et compte reprendre le travail avant la fin de la semaine.

Tuesday, June 26, 2007

Lac Victoria

Un des avantages de travailler au Kenya cet été en plus du boulot très intéressant, c’est que le Kenya offre de grandes richesses de vie sauvage. Le week-end dernier, nous sommes allés avec quelques amis observer la vie du Lac Victoria. Le Lac Victoria est le le plus grand lac d’Afrique et le plus grand lac tropical du monde. Il est aussi le deuxième lac du monde en surface. Le plus grand lac d’eau fraîche est le Lac Supérieur au Minnesota. Avoir grandi non loin du Lac Supérieur m’a fait aimer les lacs et m’a donné très envie de voir le Lac Victoria. Le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda partagent ses rives. C’est vraiment un grand lac ! C’est aussi là que prend sa source la plus longue branche du Nil, le Nil Blanc. (L’autre, c’est le Nil Bleu). Comme le reste du Kenya, le lac abrite beaucoup d’animaux et d’oiseaux que je n’ai jamais vu dans leur habitat naturel.

Nous sommes donc parties à six dimanche matin vers le lieu dit “Lave voitures.” C’est le seul accès public au lac de la ville. Il semble que chacun y amène son bus, sa voiture ou autre forme de transportation pour l’y laver. On conduit son véhicule dans le lac jusqu’à ce que l’eau couvre en partie les roues. Il y a aussi à cet endroit une longue rangée de restaurants qui servent uniquement du poisson frit péché dans le lac. Le seul poisson que j’ai vu ici c’est le tilapia. Dès que les pécheurs débarquent, les restaurateurs ouvrent le poisson, le nettoie et le plonge dans la friture. Quand on arrive pour manger, le cuistot vous fait choisir et le refrit ou bien le recuit dans une sauce.

Nous avions engagé un guide et un bateau à moteur pour la matinée dans le but d’aller observer les hippopotames, les oiseaux et les élevages de poissons le long du lac. Notre guide était excellent; il avait des yeux de lynx pour trouver les oiseaux le long de la rive et il connaissait un tas de choses sur la vie des hippopotames et sur la vie des gens qui vivent le long du lac. Les hippos étaient amusants mais pas aussi impressionnant que ce à quoi je m’attendais. C’était sans doute pas plus mal d’ailleurs car ils peuvent être très dangereux quand ils se mettent en colère. Nous avons en fait passé beaucoup plus de temps à observer les oiseaux qui sont nombreux et divers. Nous avons vu une colonie d’aigrettes, des cormorans, des oiseaux pécheurs, des tisserands, et plein de petits oiseaux très colorés dont je n’ai pas retenu les noms et le préféré de notre guide l’oiseau secrétaire bien connu au bord du lac ( ??? secretary bird). Les photos sont sur mon site photos.

Le plus intéressant pour moi c’étaient les bateaux de pécheurs. Il était tôt et plusieurs pécheurs tiraient encore leurs filets du lac. Les bateaux les plus communs sont de longs bateaux de bois qu’on propelle à l’aide de perches et quelquefois de rames. Le lac n’est pas très profond et donc pousser avec la perche ne semble pas trop difficile. Dans les plus gros bateaux une équipe d’hommes tirent le filet ensemble; les grands filets peuvent contenir des centaines de livres de poisons. Dans les petits bateaux un seul homme suffit, superbe photo à prendre! La réalité malheureusement ici comme ailleurs c’est que les petites entreprises de pêche ne sont plus profitables. Ce sont les grandes compagnies qui peuvent avancer leurs bateaux à moteur jusqu’au milieu du lac qui tirent des millions de la richesse de ce lac. A l’échelle d’une petite entreprise familiale, la pêche ici, comme la culture aux US ou en Europe n’apporte plus suffisamment de revenus pour la survie d’une famille.

Je retournerai sans doute une autre fois sur le lac avant de quitter le Kenya; au couchant du soleil ça doit être superbe. Entre temps je continuerai à manger du tilapia sur les rives de cet énorme lac.

Ce weekend, un groupe de quatre d’entre nous pense aller à la baie de Homa, au sud est de Kisumu. Un bel endroit paraît-il près du Parc national de Ruma où nous espérons voir l’antilope rouan qui ne se trouve nulle part ailleurs au monde.

Wednesday, June 20, 2007

4 Quatre sonneries par jour

Sonnerie # 1: Chacune de mes journées à Kisumu commence d’assez de bonne heure. D’habitude je suis réveillée avant 6 heures du matin par les bruits de la ville qui s’éveille et le soleil qui commence à briller. Nous sommes juste au sud de l’équateur et les journées durent presque exactement 12 heures : 6 heures à 18 heures. Le ciel s’éclaircit à partir de 5 heures et les rideaux de ma fenêtre ne sont pas comme des volets. Ensuite il y a les sonneries du “matatus”,les minibus qui font office de transports publics sur la rue principale à 200 mètres de la maison. Il y aussi le bruit des voitures et des gens ainsi que celui du gardien de nuit qui écoute les nouvelles ou qui discute avec le gardien de jour qui vient le relever de ses fonctions. Parfois c’est la pluie qui me réveille; heureusement il ne pleut que la nuit ou tôt le matin. Si jamais tout cela ne m’avait pas sortie du lit, mon réveil sonne à 6:30.


Sonnerie # 2: ma montre bipe à 7:15 pour me rappeler qu’il est temps de partir au boulot. Ma colocataire et moi marchons jusqu’à l’Hôpital Provincial à la rencontre de notre chauffeur. En ville les gens appellent cet hôpital, l’Hôpital Russe; il a été construit pendant la guerre froide avec de l’argent de l’URSS. Nous sommes les deux premières dans notre navette; ensuite nous zigzaguons en ville pour prendre 6 à 8 autres stagiaires et personnel vacataire. Pratiquement tout le personnel, kenyan et américain, arrive dans ces navettes. Le bureau est à plusieurs Kms de la ville sur un terrain magnifique partagé avec le plus grand labo de recherche médicale du Kenya. Nous sommes à notre poste à 8:15. Les gens commencent tôt ici et nous ne sommes pas les premières dans le bureau.


Sonnerie # 3: Ma montre rebipe à 9 heures pour me rappeler de prendre l’anti-malarique. Normalement je le prends au petit déjeuner mais comme il ne faut pas oublier, un rappel n’est pas superflu. La région de Kisumu, surtout au milieu de la saison des pluies comme maintenant est un des pires endroits au Kenya pour la malaria. L’organisation pour laquelle je travaille focalise ses efforts en priorité sur ce problème. La moitié environ des laboratoires se consacre à ce projet. Les moustiques porteurs se multiplient allègrement dans toute flaque d’eau dormante ; pas sur la Lac Victoria mais partout ailleurs dans toutes les flaques qui se forment après chaque pluie.


Déjeuner: Là je n’ai pas besoin de sonnerie pour me rappeler que c’est l’heure de déjeuner. Le petit déjeuner pris à 7 heures est déjà bien loin. En plus les kenyans mangent plutôt vers une heure de l’après-midi, et à cette heure là j’ai vraiment très faim. Les jours au bureau, il y a une pause thé Chai très respectée vers 10 heures; on peut acheter le thé sur place ainsi que des espèces de pâtisseries frites dont j’oublie le nom. Quand je suis sur le terrain, 2 ou 3 jours par semaine, ces jours-là j’essaie d’emporter un petit goûter car je suis à la merci des autres et de leurs horaires. Au bureau il y a une petite cantine dans un kiosque dehors; la plupart des employés mangent là et donc il y a souvent la queue. Je mange des plats Kenyans tous les jours, c’est-à-dire un mélange de riz, de légumes cuits, de viande bouillie et un peu de verdure cuite aussi.
At the office there is a little canteen in a kiosk outside, most everyone seems to eat there which means that sometimes there can be a long line. C’est consistant, très goûteux et très, très bon marché, ça me convient bien.
Sonnerie # 4: A 17:15 ma montre bipe une dernière fois pour me rappeler de quitter le bureau pour pouvoir attraper ma navette et rentrer chez moi. La navette part à 17:30, nous sommes juste un petit groupe à la prendre et le conducteur attend les retardataires. Tous les kenyans semble avoir leur portable; même dans les villages reculés on peut acheter un de quoi recharger sa carte de téléphone. Le service est très bon et semble parfois meilleur qu’aux US! Les kenyans ont l’art d’utiliser leurs téléphone de la façon la plus économique possible soit avec des texte messages soit avec un système qu’ils appellent “’éclair”et qui consiste à appeler quelqu’un mais à raccrocher après la première sonnerie. Celui qui reçoit le coup de fil peut identifier l’appeleur et ça ne coûte rien à qui que ce soit. Ce système permet donc par exemple au conducteur de la navette d’appeler un retardataire pour lui rappeler qu’il est temps de quitter le bureau et au retardataire de prévenir de son arrivée.

Dernier appel : Le soir nous sommes donc déchargés à notre porte vers 18 heures. Quelques fois nous allons en ville pour quelques courses alimentaires ou pour retrouver des amis. Il y a un marché de fruits et légumes à quelques rues de chez nous mais il faut aller au centre pour le pain, le lait etc. Quand nous rentrons, nous allons faire un plongeon dans la piscine et puis nous faisons la cuisine tous ensemble, souvent des pâtes et des légumes. Après le dîner nous bavardons entre voisins, jouons aux dés ou aux cartes, ou préparons lettres ou commentaires à envoyer du bureau le lendemain. Nous sommes au lit à 22 heures et le cycle reprend….


J’ai ajouté une carte sur mon blog pour ceux qui veulent voir où j’habite et où je travaille.

Monday, June 18, 2007

Karibu au Kenya!

Karibu est le premier mot de Swahili que j’ai appris à mon arrivée au Kenya il y a une semaine. Karibu veut dire “Bienvenue” et j’ai été très bien accueillie. Tous les Kenyans que j’ai rencontrés, où j’habite, et dans les hôpitaux et cliniques où est implanté le projet pour lequel je travaille m’ont dit “Karibu” dès qu’ils ont appris que je venais de débarquer.
Je suis arrivée à Kisumu mardi soir dernier et la fille très sympa qui partage mon appartement a elle aussi été très accueillante. Elle travaille au même endroit que moi pour un projet semblable. Nous sommes toutes les deux étudiantes aux US dans une école de santé publique. Elle est d’origine belge. Cette première semaine aurait été beaucoup plus difficile sans elle. Elle est arrivée une semaine avant moi et a pu être un très bon guide.

Kisumu est en taille la troisième ville du Kenya avec une population officielle de 250,000 personnes. Comme beaucoup de villes de pays en voie de développement, il y a de grandes zones de bas quartiers et autres zones résidentielles pas officielles tout le tour de la ville. C’est aussi au milieu de certains de ces endroits que se situent des poches de résidences très riches. J’ai eu une très belle vue de la ville en arrivant en avion, à l’heure du couchant de soleil. Kisumu est une ville plate qui s’est étalée le long du Lac Victoria, pourtant si ce n’était pour le poisson au marché on n’aurait pas l’impression d’habiter près d’un grand lac car on l’aperçoit rarement. J’habite dans un ensemble de résidences juste à l’extérieur de la ville. Tout est entouré d’un grand mur et il y a un garde en permanence. Il y a une grande maison divisée en 5 petits appartements et 3 petites maisons indépendantes. Le tout entouré d’un superbe jardin avec même une piscine…. Le propriétaire possède un garden center en ville. Notre appartement est assez agréable : nous avons une petite cuisine et un séjour. J’ai ma propre chambre bien qu’elle ne soit pas complètement fermée du reste de l’appart.

Je me sens quand même dans un cocon la nuit quand je dors sous ma moustiquaire. Quelques fois nous avons de l’eau chaude pour une douche mais le reste du temps l’eau froide est assez tiède pas comme l’eau glaciale qui descendait des montagnes en Bolivie ! Dans cet ensemble nous ne sommes que des étrangers en stage, 5 étudiants comme moi et ma colocataire, 4 missionnaires, une bénévole et une femme qui travaille ici et qui a ses deux petites filles avec elle. Nous sommes six du même âge; nous passons souvent les soirées ensemble et prévoyons des visites le WE pour explorer les environs.

Une épidémiologiste

Le 12 juin

Me voici officiellement embarquée pour mes aventures d’épidémiologiste. Je suis arrivée au Kenya hier soir et continuerai mon voyage vers mon lieu de travail demain. On peut définir un épidémiologiste ainsi : une personne qui étudie tous les éléments qui contribuent à la présence ou à l’absence de maladie dans une population. C’est en général ce que je ferai cet été dans une population rurale au bord du Lac Victoria, près de Kisumu au sud-ouest du Kenya.

Avant d’être officiellement consacrée «épidémiologiste », j’ai senti la nécessité de faire un petit pèlerinage à la pompe de John Snow et au pub du même nom à Soho. Ce pèlerinage me semblait presque aussi nécessaire que recevoir mon diplôme. John Snow est considéré comme le père de l’épidémiologie à cause de ses recherches effectuées à Soho (UK) pendant une épidémie de choléra en 1854.

John Snow avait retracé la cause de l’épidémie à la pompe de Broad Street (voir photo). « Chercher la poignée de la pompe » est une expression courante dans le jargon des épidémiologistes. Après la photo officielle à coté de la pompe, mon amie Allison et moi sommes allées boire une pinte de cidre au pub ne voulant pas nous rsiquer à boire l’eau de la pompe.

Coup D’Oeil

Le 8 juin
Si vous savez ce que vous cherchez, vous pouvez voir la ferme de mes grands-parents du train. C’est plus facile en retournant vers Paris car on trouve les repères plus rapidement. On ne l’aperçoit qu’un instant au fond d’une petite vallée. Il faut avoir un lien intime avec le Dhumeray pour ne pas le rater. Pour moi c’est le dernier instant des adieux sur le chemin du retour. Un instant impossible à capturer avec son appareil photo mais un instant que qui fait partie de mes rituels d’allers et venues à la ferme. Un instant, c’est ainsi que je pense aux photos que je prends. Je prends mes photos aux mêmes endroits que tous les touristes mais j’essaie toujours de trouver un petit quelque chose de spécial, parfois quelque chose qui n’est justement visible que très brièvement. En tant que photographe, Je sais qu’il y a un moment parfait pour une photo parfaite. La plupart des photographes admettraient je pense que ce moment parfait est souvent trop bref et donc qu’on doit personnellement garder le souvenir de cet instant. Quelque fois aussi on n’a pas son appareil, on n’a pas le temps ou pas le cœur. J’ai raté plein d’occasions de prendre de belles photos mais la plupart sont gravées dans ma tête. Jusqu’à il y a quelques semaines j’étais encore une amatrice fervente de la vieille école avec un appareil photo à pellicule. Pour ce voyage au Kenya, je me suis dit qu’il était temps de m’aventurer du coté du monde digital. J’ai encore mon fidèle Cannon en cas de conversion incomplète. Mon séjour en France m’a procuré une bonne occasion de m’exercer. J’aime la taille de mon nouvel appareil, il loge dans une petite poche et ne pèse pas bien lourd. C’est agréable de pouvoir voir sa photo de suite quand on prend des portraits. Bien sûr on prend beaucoup plus de photos et on ne fait pas autant attention avec un appareil digital mais on peut toujours trier à la fin de la journée. C’était agréable de prendre un tas de photos de mes cousins et de pouvoir les partager avec mes grands-parents dans les jours qui suivaient. Je vais aussi pouvoir mettre mes photos du Kenya sur Internet et les partager ainsi rapidement.

Voire mon site en anglais popur les indication comment voire mes photo sur internet. Il y a aussi un ligne sur la droite de votre encran.

Les bagages et Paris.

Le 27 mai

Après avoir expliqué pourquoi c’était un peu compliqué de faire ses bagages pour ce voyage à cause du passage en Europe (pas de place pour des choses plus élégantes pour la France car il fallait prévoir pas mal de choses pour le Kenya etc.) Clara continue avec un petit rapport sur Paris.

Donc à Paris j’avais plus l’air d’une touriste que ce que j’aurais aimé, mais, de toute façon, avec l’appareil photo à la main difficile de ne pas avoir l’air d’une touriste. Cela n’a pas empêché quelqu’un hier de me demander son chemin. Peut-être avais quand même l’air un peu français ! J’étais arrivée le jeudi soir et j’ai passé les deux jour suivant à me balader dans cette ville que j’aime. Le temps est un peu gris et pas idéal pour les photos mais par contre idéal pour la marche à pied. D’habitude j’ai un bon sens des directions mais hier je me suis laissée portée par l’exploration dans le quartier latin et plusieurs fois j’étais convaincue que la rivière était d’un coté alors qu’elle était à l’opposé ! Heureusement mon amie, qui habite dans le quartier, nous a redirigées sans me faire sentir que j’avais complètement perdu mes traits de parisiennes acquis quand nous étudiions ensemble à Paris.

Il y a quelque chose de spécial dans cette cille même au printemps quand trop de touristes l’envahissent. Un quelque chose de magique que l’on rencontre le plus facilement en se promenant dans les rues ou en s’asseyant sur un banc à la terrasse d’un café. Les musées sont pleins d’œuvres extraordinaires et il y a des centaines d’années d’histoire à chaque coin de rue, mais c’est dans la vie de tous les jours qu’est l’esprit de la ville. Paris pour moi ce sont les effluves de la boulangerie, les petits marchés, manger une crêpe au coin de la rue, trouver une terrasse de café d’où on puisse regarder les passants et bavarder avec une amie, et juste se balader sans sentir le besoin de tirer son appareil photo de son sac. Tout cela c’est Paris pour moi.

Chez Moi

Le 19 Mai

Quand je dis à mes amis que je rentre « à la maison », ils ne savent pas toujours de quoi je parle : le Minnesota, la France, Philadelphie, Washington, Atlanta ???? Je suis associée à tous ces endroits et selon les circonstances, c’ests chez moi ou ça a été chez moi. C’est parfois difficile pour certains de comprendre qu’on puisse avoir différents « chez soi ».

Ce n’est que quand mes parents ont déménager à Philadelphie que j’ai commencé à comprendre la phrase « Chez soi, c’est où on a son cœur ». Chez moi ce n’est plus seulement les quatre murs qui contiennent une bonne partie de mes souvenirs d’enfance, c’est l’endroit où ma famille se réunit, les endroits où j’ai vécu et commencé à construire ma vie, et ce sont dans ces endroits que j’ai un sentiment familier et agréable d’appartenance.

Chez moi, ce sera toujours dans le Minnesota. Les lacs, les forêts, le Mississipi, la Mayo clinique, l’université Sainte Catherine me sont tous familiers et sont une partie importante de qui je suis. Donc le Minnesota c’est chez moi même si je n’y ai plus de maison mais plutôt des invitations amicales et familiales ! Si on me demande d’où je suis, je répondrai sans doute du Minnesota puisque c’est là que j’ai passé la majorité de mes 22 premières années.

Je n’ai passé que très peu de temps dans la maison de mes parents à Philadelphie mes ses murs contiennent la familiarité de mon enfance et l’aise de savoir que j’y appartiens. Depuis 6 ans je n’y ai passé que 4 mois en tout plus ou moins et à chaque voyage je dois réapprendre où sont certaines choses et j’en découvre de nouvelles aussi mais la familiarité reste quand même et je comprends comment tout cela fait partie de « la maison ». Quand je sors de cette maison pour aller faire des courses ou marcher, ça semble encore un peu bizarre, mais je sais que j’appartiens à l’intérieur de cette maison.

Il y a aussi la France. Dhumeray est aussi familier pour moi que notre maison du Minnesota. J’y ai passé la plupart de mes vacances d’été quand j’étais enfant. Mon cœur y est dans cette longue maison où chaque salle a sa couleur. Tellement de souvenirs là aussi : les alcôves du grenier, la soirée de Noël où nous avons tant ri il y a quelques années quand 13 cousins ont dormi dans la grande chambre, les mariages des oncles et tantes, le 50ième anniversaire de mariage de mes grands-parents, les aventures à l’étang, le raft construit par mon grand-père, les tours en bicyclette dans la campagne, les tours en tracteur dans les champs, et parfois la recherche compliquée de trouver un endroit tranquille où se réfugier pour penser tranquillement loin des autres. Une des conséquences d’avoir une grande famille c’est qu’il est parfois un peu difficile de s’isoler mais je n’échangerai certainement pas ce petit plaisir pour tous les bons moments avec les cousins ou le lien fort que j’ai avec Dhumeray.

Paris est aussi « chez moi ». Je sais m’y retrouver ; j’y ai des rues et des cafés préférés, et surtout j’y ai un pont préféré (parait-il un signe sûr qu’on est parisien). Paris est magique pour moi, à chaque visite j’y découvre quelque chose de nouveau, quelque chose que je n’avais jamais vu. Je serai à Paris la semaine prochaine et m’étendrai certainement un peu sur le sujet.

Washington D.C. où j’ai habité trois ans est aussi chez moi dans un sens. Je sais aussi comment y circuler, j’y ai aussi des endroits préférés, et beaucoup de souvenirs. J’y suis à l’aise plus que dans toutes les autres grandes villes où j’ai vécu.

Maintenant il y a Atlanta, pas tout à fait encore chez moi. J’y suis plus à l’aise et je commence à pouvoir y trouver mon chemin ; sans doute que juste quand je devrais en partir au printemps prochain je commencerai à penser que c’est chez moi aussi. En attendant c’est l’endroit où sont mes quelques possessions et où je vis quand je ne suis pas en train de « rentrer à la maison » ou de voyager dans le vaste monde.