Ayant grandi au Minnesota, l’état de l’étoile polaire, j’ai toujours été intriguée par les étoiles qui ont guidé les explorateurs et les navigateurs voyageant autour du monde: l’étoile polaire et la croix du sud. Mon père connaissait beaucoup d’étoiles et de constellations et je me souviens de nombreuses soirées allongée dans l’herbe à examiner le ciel en écoutant ses explications. Je n’ai jamais été très douée pour me souvenir des constellations mais je peux quand même trouver la ceinture de Orion (le chasseur), les sept soeurs, la petite et la grande ourse et l’étoile polaire. Mon ami Hugh a été le premier à me montrer la croix du sud lors de mon premier voyage en Bolivie, mais c’est seulement au deuxième voyage qu’une autre amie Peggy m’a fait voir comment la trouver dans le ciel tous les soirs.
Pendant mes voyages en Bolivie et à Madagascar, chaque soir j’ai cherché la croix du sud et senti en la regardant comme une direction vers un chez moi, une sorte d’ancrage spirituel. Ici au Kenya, je peux la voir de mon pas de porte, bas au-dessus de l’horizon. Kisumu est seulement à 60 kilomètres au sud de l’équateur; c’est une ville avec peu de lumière la nuit et quand le ciel est clair on peut voir la croix bien nettement. Malheureusement, souvent ces deux derniers mois les nuits étaient nuageuses et pluvieuses puisque nous sommes encore dans la saison des pluies.
Le soir des longues journées à côtoyer pauvreté, maladie et désespoir, voir la croix du sud a été pour moi une façon de me rappeler que, en dépit de l’impossibilité de guérir quelqu’un ou d’améliorer sa santé, je n’étais pas seule au monde. Ça ne veut pas dire que chaque soir est ainsi facile ou que chaque jour je me souviens de tout cela, mais chercher la croix du sud dans le ciel fait parti d’un processus de recherche personnelle. Une recherche pour comprendre les réalités de la vie ici et quelle place j’y tiens. Faire face aux réalités de la vie ici a été particulièrement difficile cette semaine au petit hôpital où je rassemblais des données; un jour j’y ai vu un jeune enfant très malade, 12 mois environ. Il avait une pneumonie grave et se battait pour chaque inspiration mais il n’y avait pas l’équipement nécessaire pour l’aider à respirer. Il s’est battu toute la nuit mais est mort au petit matin avant qu’on ait pu l’évacuer vers un hôpital plus important. Ce jour là un autre enfant est mort dans ce même hôpital de la même maladie. J’ai passé le plus clair de mon été à analyser des statistiques pour la région et je sais que la mortalité infantile y est très forte, environ 250 pour 1000. Mais ces connaissances n’aident ni à accepter la mort de ces deux enfants plus facilement ni à la rendre moins triste.
Ce sont des expériences comme celles de cette semaine qui me font réaliser que je cherche dans le noir et que je ne suis pas sure de la direction à prendre et que j’I grand besoin d’un guide aussi grand que le ciel pour me montrer le chemin. Quand on habite dans une grande ville, il est difficile de voir les étoiles, et la vitesse, le stress et l’affairement de tous les jours compliquent la recherche de sa propre direction. La connexion spirituelle que je ressens quand je suis ici juste sous l’équateur à la lumière de la croix du sud va me manquer.
(Un grand merci à Steve et Alene dont le journal lors de leur séjour au Kenya en 2006 m’a donné l’idée de faire ce blog).
Sunday, August 12, 2007
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