« Je ferai proliférer ta descendance autant que les étoiles du ciel, je lui donnerai toutes ces terres et, en elle, se béniront toutes les nations de la terre. »
Genèse 26 :4
Cette semaine c’était le « festival du sacrifice » appelé Tabaski au Sénégal et Eid al-Adha dans les autres pays musulmans. C’est le jour où l’on commémore l’obéissance d’Abraham (Ibrahim) et sa volonté de sacrifier son fils à Dieu. Quand Dieu retient sa main à la dernière minute, Abraham sacrifie un bélier à la place et donc ce jeudi j’ai pu observer le sacrifice du bélier et les préparations du repas de fête dans la communauté musulmane sénégalaise.
Ces derniers mois, vivre dans un pays à majorité musulmane m’a donné envie de mieux comprendre les religions juive, chrétienne et musulmane. Dans un monde où si souvent la rencontre des ces religions provoque peur et violence, il semble juste de comprendre ce que nous partageons. Pour moi c’est dans le partage de ce mouton grillé avec une famille que j’ai senti que je célébrais mon Thanksgiving, la fête que j’avais ratée puisque je travaillais à ce moment là dans un village isolé de l’est du Sénégal. Comme Thanksgiving, Tabaski est un temps de célébration familiale, un temps de réunion et de partage pour lequel on invite ceux qui sont loin de chez eux à notre table. Mais alors que Thanksgiving est un temps d’action de grâce pour tout ce que nous avons reçu dans l’année précédente, Tabaski est plutôt un temps où l’on demande le pardon de ceux que nous avons offensés pendant l’année passée.
J’étais invitée avec un collègue américain à célébrer dans la famille d’un de mes collègues ami. Les hommes de la famille ont dépecé et couper le mouton. Les femmes ont préparé la sauce aux oignons, les épices pour frotter la viande, et l’ont grillée. J’ai rassemblé les enfants pour qu’ils ne soient pas trop près des couteaux ou des fourneaux. Chacun a fait son travail et la viande était délicieuse, le déjeuner excellent et aucun des enfants ne s’est blessé.
Le père de mon ami sénégalais, autrefois diplomate, habillé d’un grand boubou blanc, m’a aidé à comprendre Tabaski. J’ai admis ne pas connaître grand-chose de la fête à part le fait qu’on tuait un mouton et qu’il y avait beaucoup de moutons à vendre sur la route de Dakar la semaine précédente. Heureusement le diplomate a été très gentil, m’a expliqué ce qu’était cette fête et m’a raconté ses voyages à la Mecque. Je connaissais l’histoire d’Abraham mais avait oublié que c’était un point de désaccord entre la tradition judéo-chrétienne et la tradition musulmane. Les juifs et les chrétiens croient qu’Abraham a amené Isaac, fils de Sara, au sacrifice alors que les musulmans croient qu’il a amené Ismaël, fils de Hagar. Le reste de l’histoire est le même ; Abraham lie son fils sur le bûcher et est prêt à le sacrifier Comme Dieu le lui demande. Quand Dieu voit qu’il obéit, il l’arrête et lui dit, « je m’engage à te bénir, et à faire proliférer ta descendance autant que les étoiles du ciel et le sable au bord de la mer. Ta descendance occupera la Porte de ses ennemis ; c’est en elle que se béniront toutes les nations. »
C’est le passage de la Bible auquel je pense le plus souvent quand je travaille dans les villages ici au Sénégal ou ailleurs. C’est sans doute parce que la nuit dans les villages on peut voir toutes les étoiles du ciel. Quand je m’arrête pour regarder ces étoiles et pour penser à Abraham auquel Dieu a dit il y a si longtemps que ses descendants seraient aussi nombreux que les étoiles, je me demande ce qu’il en penserait Abraham de ses descendants et de ce qu’ils ont fait du monde. J’imagine qu’il aurait comme un gros mal de cœur en voyant les batailles et les tueries de part le monde mais qu’il serait aussi encouragé de voir certains de ses descendants qui essaient d’améliorer le monde. Regarder le ciel et les étoiles la nuit me rappelle que la vie est précieuse et que nous sommes appelés à se servir les uns les autres, certains par de grands et d’autres par de petits accomplissements mais tous comme descendants d’Abraham.
Friday, December 12, 2008
Monday, December 1, 2008
Le village au bout de la route
Ecrit le 29 novembre, 2008 à Gourel, Sénégal près de Dianke Makam dans la region de Tambacounda (au sud est du Sénégal près de la frontière du Mali).
Dans la lumière du soleil couchant tout prend des ombres dorées autour de moi. Je suis assise sous un arbre dans un village au bout de la route. Les herbes sont aussi hautes que la voiture et la route à peine plus large que la voiture. Les quatre concessions familiales autour de moi ont chacune plusieurs huttes, une pour chaque épouse, une pour le mari et une pour la cuisine.
Pendant que je suis assise ici, quelques enfants courageux me disent bonjour en pular; je comprends un peu de wolof mais pas un mot de pular. Il y a un petit garçon qui se cache derrière sa sœur, certainement par peur de la femme blanche. Voilà les deux réactions que je provoque ici: des larmes ou un troupeau qui me suit. Avec cette lumière, les visages des enfants sont tout dorés aussi. J’aimerais prendre une photo; il y a une petite fille particulièrement belle qui me regarde de façon intense, mais sans un de mes collègues pour traduire j’ai trop peur de causer des problèmes parmi la quinzaine d’enfants et les quelques adultes qui m’observent. L’autre soir j’ai presque provoqué une émeute quand j’ai sorti mon appareil photo. Les enfants adorent voir leur photo sur l’écran de mon appareil mais ils ont commencé à me tirer et à attraper mon appareil et une maman a dit dans un français approximatif que j’avais volé la tête des enfants dans ma boîte. J’ai vite rangé l’appareil et essayé d’expliquer que je n’avais rien volé du tout. Tout s’est calmé mais maintenant j’hésite à sortir mon appareil. Les enfants ont commencé à me chanter une chanson, une première dans les 10 ou plus villages que nous avons visités ces trois derniers jours. Dans le dernier village que nous avons traversé, il y avait une vingtaine d’enfants qui me suivaient mais, à chaque fois que je me retournais, tous disparaissaient.
Ce village est le dernier dans lequel nous enquêtons aujourd’hui. Je supervise une équipe de 2 enquêteurs. Le but de l’enquête est d’apprendre ce que les mamans d’enfants de moins de 5 ans connaissent de la malaria et comment elles soignent leurs enfants. Aujourd’hui nous avons enquêté dans 10 concessions familiales dans trois villages différents. Nous avons voyagé pendant 5 heures sur des pistes pour arriver ici, secoués et cuits par le soleil dans notre 4/4 sans air climatisé. Ici, dans la région de Tambacounda, il fait 45 degrés Celsius à l’ombre! J’ai une couche épaisse de poussière sur le visage, les bras et sur mes habits.
Les enfants ne sont plus intéressés par ma présence et sont repartis chez eux. C’est bientôt l’heure du dîner. J’entends les coups de pilon rythmiques qui écrasent le millet ou le maïs dans les cours des concessions. Les familles vivent dans des villages d’une cinquantaine de personnes entre 10 et 20 kilomètres les uns des autres le long d’une route praticable en saison sèche mais j’ai du mal à imaginer comment on peut y voyager à la saison des pluies. Les gens ont des bicyclettes ou des carrioles tirées par un cheval ou même parfois une moto. Le dispensaire le plus proche est à 20 kilomètres ; pour avoir accès à ses services, il faut y arriver et avoir de quoi payer, en plus il faut que le dispensaire ait le personnel nécessaires et les fournitures adéquates. Les familles d’ici vivent d’une agriculture de subsistance; ils mangent ce qu’ils font pousser et de temps à autres, si possible, vendent une vache ou une chèvre pour avoir du liquide. Leurs animaux sont leur façon d’économiser ; il n’y a pas de banques dans ces villages. Quelques villages ont des écoles, jusqu’au CE2 peut-être avec un maître et tous les enfants dans la même classe. L’école est pratiquement gratuite mais on a souvent besoin des enfants pour aider au travail des champs, pour garder les chèvres ou pour s’occuper des plus jeunes enfants. A l’occasion on voit une tour de réception téléphonique, mais juste ici il n’y a ni téléphone ni électricité.
Aujourd’hui je suis accablée par la profondeur et l’étendue de la pauvreté. Je la vois tous les jours à Dakar mais ici elle est plus prononcée. Il y a encore tellement à faire dans ce monde, spécialement pour atteindre les plus désavantagés et les plus isolés, surtout pour leur apporter des services de base de santé, d’éducation, de réseaux d’eau propre et de réseaux de routes adéquates. J’ai passé le jour de Thanksgiving dans des villages comme celui-ci et je ne pouvais que réfléchir à ma chance et ma gratitude pour tous les avantages que j’ai eus dans ce monde. J’espère pouvoir trouver des moyens de partager les avantages dont j’ai bénéficié.
Le ciel est maintenant rouge; je sens la fraîcheur du soir qui approche. Il est temps pour moi de rassembler mon équipe et de quitter ce village au bout de la route.
Dans la lumière du soleil couchant tout prend des ombres dorées autour de moi. Je suis assise sous un arbre dans un village au bout de la route. Les herbes sont aussi hautes que la voiture et la route à peine plus large que la voiture. Les quatre concessions familiales autour de moi ont chacune plusieurs huttes, une pour chaque épouse, une pour le mari et une pour la cuisine.
Pendant que je suis assise ici, quelques enfants courageux me disent bonjour en pular; je comprends un peu de wolof mais pas un mot de pular. Il y a un petit garçon qui se cache derrière sa sœur, certainement par peur de la femme blanche. Voilà les deux réactions que je provoque ici: des larmes ou un troupeau qui me suit. Avec cette lumière, les visages des enfants sont tout dorés aussi. J’aimerais prendre une photo; il y a une petite fille particulièrement belle qui me regarde de façon intense, mais sans un de mes collègues pour traduire j’ai trop peur de causer des problèmes parmi la quinzaine d’enfants et les quelques adultes qui m’observent. L’autre soir j’ai presque provoqué une émeute quand j’ai sorti mon appareil photo. Les enfants adorent voir leur photo sur l’écran de mon appareil mais ils ont commencé à me tirer et à attraper mon appareil et une maman a dit dans un français approximatif que j’avais volé la tête des enfants dans ma boîte. J’ai vite rangé l’appareil et essayé d’expliquer que je n’avais rien volé du tout. Tout s’est calmé mais maintenant j’hésite à sortir mon appareil. Les enfants ont commencé à me chanter une chanson, une première dans les 10 ou plus villages que nous avons visités ces trois derniers jours. Dans le dernier village que nous avons traversé, il y avait une vingtaine d’enfants qui me suivaient mais, à chaque fois que je me retournais, tous disparaissaient.
Ce village est le dernier dans lequel nous enquêtons aujourd’hui. Je supervise une équipe de 2 enquêteurs. Le but de l’enquête est d’apprendre ce que les mamans d’enfants de moins de 5 ans connaissent de la malaria et comment elles soignent leurs enfants. Aujourd’hui nous avons enquêté dans 10 concessions familiales dans trois villages différents. Nous avons voyagé pendant 5 heures sur des pistes pour arriver ici, secoués et cuits par le soleil dans notre 4/4 sans air climatisé. Ici, dans la région de Tambacounda, il fait 45 degrés Celsius à l’ombre! J’ai une couche épaisse de poussière sur le visage, les bras et sur mes habits.
Les enfants ne sont plus intéressés par ma présence et sont repartis chez eux. C’est bientôt l’heure du dîner. J’entends les coups de pilon rythmiques qui écrasent le millet ou le maïs dans les cours des concessions. Les familles vivent dans des villages d’une cinquantaine de personnes entre 10 et 20 kilomètres les uns des autres le long d’une route praticable en saison sèche mais j’ai du mal à imaginer comment on peut y voyager à la saison des pluies. Les gens ont des bicyclettes ou des carrioles tirées par un cheval ou même parfois une moto. Le dispensaire le plus proche est à 20 kilomètres ; pour avoir accès à ses services, il faut y arriver et avoir de quoi payer, en plus il faut que le dispensaire ait le personnel nécessaires et les fournitures adéquates. Les familles d’ici vivent d’une agriculture de subsistance; ils mangent ce qu’ils font pousser et de temps à autres, si possible, vendent une vache ou une chèvre pour avoir du liquide. Leurs animaux sont leur façon d’économiser ; il n’y a pas de banques dans ces villages. Quelques villages ont des écoles, jusqu’au CE2 peut-être avec un maître et tous les enfants dans la même classe. L’école est pratiquement gratuite mais on a souvent besoin des enfants pour aider au travail des champs, pour garder les chèvres ou pour s’occuper des plus jeunes enfants. A l’occasion on voit une tour de réception téléphonique, mais juste ici il n’y a ni téléphone ni électricité.
Aujourd’hui je suis accablée par la profondeur et l’étendue de la pauvreté. Je la vois tous les jours à Dakar mais ici elle est plus prononcée. Il y a encore tellement à faire dans ce monde, spécialement pour atteindre les plus désavantagés et les plus isolés, surtout pour leur apporter des services de base de santé, d’éducation, de réseaux d’eau propre et de réseaux de routes adéquates. J’ai passé le jour de Thanksgiving dans des villages comme celui-ci et je ne pouvais que réfléchir à ma chance et ma gratitude pour tous les avantages que j’ai eus dans ce monde. J’espère pouvoir trouver des moyens de partager les avantages dont j’ai bénéficié.
Le ciel est maintenant rouge; je sens la fraîcheur du soir qui approche. Il est temps pour moi de rassembler mon équipe et de quitter ce village au bout de la route.
Sunday, November 23, 2008
Weekend a Dakar
Ce matin, je suis allée faire du kayak. La mer était un peu houleuse mais c'était quand même agréable. Voir les falaises de l'eau, regarder les rochers des fonds marins sous soi et plonger pour un petit coup de natation font partie des plaisirs du kayak à Dakar. J'avais essayé pour la première fois il y a deux mois et j'y suis retournée plusieurs fois. Quand les eaux sont calmes et qu'il n'y a pas de vent, j'aime aller au Cap Manuel d'où on peut voir l'île de la Madeleine et les vagues qui arrivent du grand large pour s'écraser sur les falaises du cap. Je reste à une distance raisonnable des falaises mais même de là la vue est impressionnante. Souvent nous nous arrêtons dans une des baies un peu protégées des grosses vagues, et après avoir attaché nos kayaks ensemble, nous sautons tous à l'eau. Aujourd'hui malgré le vent, l'absence de soleil et les vagues, la température de l'eau était agréable.
Mes fins de semaines à Dakar ont été pas mal occupées ces deux derniers mois. J'ai passé plusieurs heures à travailler à des projets urgents et bien sûr comme partout où j'ai habité la fin de semaine il faut s'occuper des courses diverses et prendre le temps de relaxer. D'habitude j'ai une sortie de prévue qui d'une façon ou d'une autre me mène à l'eau. Ces dernières semaines j'ai entre autres visité les trois îles à proximité de Dakar: l'Ile de Ngor, l'Ile de la Madeleine et l'Ile de Gorée.
L'Ile de Ngor est un endroit idéal pour nager et pour manger des poisons fraîchement péchés grillés délicieux. C'est à 5 minutes en bateau de la côte. Il n'y a pas de voitures sur l'île, seulement quelques maisons permanentes et quelques maisons de vacances ainsi que des endroits pour manger et des boutiques pour les touristes. C'est près de La Pointe des Almadies, l'endroit le plus à l'ouest de l'Afrique. De l'île vous avez une vue sans obstacles vers les Amériques (Caracas, Vénézuela, est à peu près au même niveau que Dakar)…. à environ 3200 miles soit 5200 kilomètres.
L'Ile de la Madeleine est une réserve d'oiseaux à environ 4 kilomètres de Dakar. Un endroit rocheux avec quelques herbes et des arbres rabougris qui résistent au vent du large. Quand j'y suis allée, il n'y avait que des cormorans. Il y a une belle petite baie où, avec un masque, on peut observer les poissons. C'est comme être dans un aquarium tropical avec des poissons bleus, verts, arc-en-ciel et à rayures mauves dans toutes les directions. J'adore !
Depuis mon arrive, je suis allée à l'île de Gorée deux fois, ma visite la plus récente date de la semaine dernière pour le festival de la diaspora. Gorée est la plus grande île proche de Dakar et celle qui a le plus d'intérêt historique. Gorée était un port européen important sur la route de la traite de noirs. Il y reste une maison d'origine avec quelques maisons des esclaves restaurées et aussi la porte célèbre dite du « non-retour. » Cette porte conduisait aux bateaux qui emmenaient les esclaves vers l'Europe ou vers les Amériques. Le Pape Jean Paul II est arrive à Gorée par cette porte et a ensuite fait un discours demandant le pardon pour le rôle de l'église dans la traite des noirs. L'île est pleine de maisons de style colonial peintes d'ocres, de rouges et aussi de bleus. C'est très beau. J'ai récemment reçu ma carte de résidente officielle de Dakar et le seul intérêt que je lui ai découvert jusque là c'est qu'elle me donne une réduction de 10 à 3 dollars sur le bateau qui va à cette île. Je peux donc y aller plus ou moins quand je veux.
Pendant mes autres fins de semaine je suis allée à des concerts, au ciné, j'ai dîné avec des amis et j'ai passé quelques soirées tranquilles chez moi. Le Centre Culturel Français est près de chez moi est présente concerts et films pas très chers ou même gratuits. Il y a aussi un plus petit cinéma pas loin où pour 5 dollars on peut voir le film (présenté dehors) et boire un verre ; bien moins cher qu'un ciné aux US. Bien sûr ici il y a toujours le risque de pannes d'électricité au moment clé du film mais ça fait partie de l'aventure. C'est agréable d'avoir un petit cercle social. J'ai même eu des gens à dîner chez moi plusieurs fois et même pour un dîner mexicain fait avec les moyens du bord.
J'ai mis des photos de mes sorties sur mon blog. Demain je pars pour le SE du Sénégal pour environ 10 jours. Je n'aurai qu'un accès limité au courrier électronique mais j'espère pouvoir écrire un blog dès le retour et partager plein de photos.
Mes fins de semaines à Dakar ont été pas mal occupées ces deux derniers mois. J'ai passé plusieurs heures à travailler à des projets urgents et bien sûr comme partout où j'ai habité la fin de semaine il faut s'occuper des courses diverses et prendre le temps de relaxer. D'habitude j'ai une sortie de prévue qui d'une façon ou d'une autre me mène à l'eau. Ces dernières semaines j'ai entre autres visité les trois îles à proximité de Dakar: l'Ile de Ngor, l'Ile de la Madeleine et l'Ile de Gorée.
L'Ile de Ngor est un endroit idéal pour nager et pour manger des poisons fraîchement péchés grillés délicieux. C'est à 5 minutes en bateau de la côte. Il n'y a pas de voitures sur l'île, seulement quelques maisons permanentes et quelques maisons de vacances ainsi que des endroits pour manger et des boutiques pour les touristes. C'est près de La Pointe des Almadies, l'endroit le plus à l'ouest de l'Afrique. De l'île vous avez une vue sans obstacles vers les Amériques (Caracas, Vénézuela, est à peu près au même niveau que Dakar)…. à environ 3200 miles soit 5200 kilomètres.
L'Ile de la Madeleine est une réserve d'oiseaux à environ 4 kilomètres de Dakar. Un endroit rocheux avec quelques herbes et des arbres rabougris qui résistent au vent du large. Quand j'y suis allée, il n'y avait que des cormorans. Il y a une belle petite baie où, avec un masque, on peut observer les poissons. C'est comme être dans un aquarium tropical avec des poissons bleus, verts, arc-en-ciel et à rayures mauves dans toutes les directions. J'adore !
Depuis mon arrive, je suis allée à l'île de Gorée deux fois, ma visite la plus récente date de la semaine dernière pour le festival de la diaspora. Gorée est la plus grande île proche de Dakar et celle qui a le plus d'intérêt historique. Gorée était un port européen important sur la route de la traite de noirs. Il y reste une maison d'origine avec quelques maisons des esclaves restaurées et aussi la porte célèbre dite du « non-retour. » Cette porte conduisait aux bateaux qui emmenaient les esclaves vers l'Europe ou vers les Amériques. Le Pape Jean Paul II est arrive à Gorée par cette porte et a ensuite fait un discours demandant le pardon pour le rôle de l'église dans la traite des noirs. L'île est pleine de maisons de style colonial peintes d'ocres, de rouges et aussi de bleus. C'est très beau. J'ai récemment reçu ma carte de résidente officielle de Dakar et le seul intérêt que je lui ai découvert jusque là c'est qu'elle me donne une réduction de 10 à 3 dollars sur le bateau qui va à cette île. Je peux donc y aller plus ou moins quand je veux.
Pendant mes autres fins de semaine je suis allée à des concerts, au ciné, j'ai dîné avec des amis et j'ai passé quelques soirées tranquilles chez moi. Le Centre Culturel Français est près de chez moi est présente concerts et films pas très chers ou même gratuits. Il y a aussi un plus petit cinéma pas loin où pour 5 dollars on peut voir le film (présenté dehors) et boire un verre ; bien moins cher qu'un ciné aux US. Bien sûr ici il y a toujours le risque de pannes d'électricité au moment clé du film mais ça fait partie de l'aventure. C'est agréable d'avoir un petit cercle social. J'ai même eu des gens à dîner chez moi plusieurs fois et même pour un dîner mexicain fait avec les moyens du bord.
J'ai mis des photos de mes sorties sur mon blog. Demain je pars pour le SE du Sénégal pour environ 10 jours. Je n'aurai qu'un accès limité au courrier électronique mais j'espère pouvoir écrire un blog dès le retour et partager plein de photos.
Friday, September 19, 2008
Le Deluge
Alors que l'hémisphère ouest était dévasté par les vents et les pluies de Gustave, Hanna et Ike, de l'autre côté de l'Atlantique, nous avions nous aussi nos problèmes. On m'avait assure que c'était impossible qu'un ouragan touché le Sénégal, quelque chose qui a à voir avec le Gulf Stream et la température de l'eau. Nous avons cependant eu trois soirées de vents forts et de pluies lourdes chaque fois deux jours avant l'arrivée de chacun de ces ouragans dans les Caraïbes. Ces queues d'ouragans, mise à part la saison des pluies, ont amené les pires tempêtes à Dakar de mémoire récente. Evidemment quand on vit dans le Sahel, il est difficile de dire que beaucoup de pluie c'est mauvais puisque les années de sécheresse sont bien plus communes peuvent causer des dévastations d'un genre bien différent, surtout les famines. Donc je ne me plains jamais de la pluie à Dakar mais elle cause des désastres dans les bas quartiers de la ville. Là les maisons sont construites sur d'anciennes lagunes et sont maintenant plutôt trempées et les routes ne sont qu'un marécage boueux.
Pendant que la ville avait son inondation, moi je devais m'occuper d'un autre genre d'inondation. Du jour au lendemain, ma vie au travail s'est accélérée et est passé de la lecture de dossiers à un rôle intégral dans la vie du bureau. En plus il y a eu une inondation littérale surtout au deuxième étage pendant une averse particulièrement forte due à une fuite dans le toit. On a pu tout assécher en un jour mais moi je commence tout juste à comprendre comment garder la tête au-dessus de l'eau pour ne pas être noyée par le travail. Ma position officielle est celle d'une stagiaire, donc quelqu'un qui est ici pour apprendre tout ce qu'elle peut sur le « management » des programmes, les finances, l'administration, et quelqu'un aussi auquel on demande souvent de mettre son doigt dans la digue pour l'empêcher de perdre. L'agence pour laquelle je travaille s'occupe de projets de "développement humain » ce qui inclut tout de l'agriculture à la santé en passant par le micro-financement, la paix et les résolutions de conflits.
Je travaille surtout bien sûr avec les équipes qui s'occupent des programmes de santé mais récemment j'apprends aussi beaucoup de choses sur la production agricole (plus à un prochain numéro). Je commence à trouver ma place dans l'équipe et ils commencent à comprendre ce que je peux leur apporter surtout pour écrire les rapports en anglais.
Nous sommes 20 dans le bureau de Dakar. Je travaille surtout dans une équipe de 4 personnes. Mais je vois tout le monde chaque jour car il est traditionnel de dire bonjour à chacun le matin, leur demander comment s'est passée leur soirée et leur souhaiter une bonne journée. Honnêtement la première semaine je trouvais cela difficile et ne l'ai pas fait, la deuxième semaine je me trouvais très gauche quand j'ai essayé de le faire mais la troisième semaine était plus facile and maintenant j'apprécie ces échanges journaliers avec les autres membres du personnel. Cette ronde du matin inclut une petite leçon de wolof donnée par un des chauffeurs. Je ne suis pas une très bonne étudiante mais il est très patient. On m'a aussi acceptée dans la sortie déjeuner de tous les jours au resto local au coin de la rue. Apparemment on y sert un ou deux plats traditionnels chaque jour (je ne comprends pas tout à fait l'idée du reste de la phrase).
Nous sommes 4 ou 5 à y aller tous les jours (en tous cas savant le Ramadan qui sera le sujet d'un autre numéro). Au début un de mes collègues faisait la commande pour moi (il n'y a pas de menu) mais maintenant après quelques semaines j'ai appris le nom de mes plats préférés et je peux commander moi-même. Les plats typiques ne sont pas très compliqués: une grande assiettée de riz avec une sauce au-dessus ou mélangée dans le riz. Mon préféré c'est le "thieboudienne" un plat de riz avec une sauce aux légumes et au poisson. Mon préféré de tous mais qui est la classe au-dessus du petit resto local c'est le « poulet yassa ». Ce sont des pattes de poulet cuites au four et servies avec un oignon, une sauce au citron et bien sûr du riz, très délicieux ! Comme mes déjeûners manquent pas mal de légumes, le soir j'en mange beaucoup et prend peu de carbohydrates. La vendeuse de légumes du coin est devenue mon amie et je suis contente de voir son grand sourire quand je débarque.
Tout cela pour dire que ma vie à Dakar et spécialement mon travail vont bien. Je suis installée dans mon appartement et maintenant je cherche des amis. Ça prend plus longtemps que vider sa valise et ça va très lentement. Un déluge de nouveaux amis ne serait pas sous-apprécié car mes soirées et mes fins de semaines sont un peu solitaires mais je sais que bientôt j'aurai des gens avec lesquels partager du temps et que mes soirées tranquilles et inoccupées me manqueront……….
Pendant que la ville avait son inondation, moi je devais m'occuper d'un autre genre d'inondation. Du jour au lendemain, ma vie au travail s'est accélérée et est passé de la lecture de dossiers à un rôle intégral dans la vie du bureau. En plus il y a eu une inondation littérale surtout au deuxième étage pendant une averse particulièrement forte due à une fuite dans le toit. On a pu tout assécher en un jour mais moi je commence tout juste à comprendre comment garder la tête au-dessus de l'eau pour ne pas être noyée par le travail. Ma position officielle est celle d'une stagiaire, donc quelqu'un qui est ici pour apprendre tout ce qu'elle peut sur le « management » des programmes, les finances, l'administration, et quelqu'un aussi auquel on demande souvent de mettre son doigt dans la digue pour l'empêcher de perdre. L'agence pour laquelle je travaille s'occupe de projets de "développement humain » ce qui inclut tout de l'agriculture à la santé en passant par le micro-financement, la paix et les résolutions de conflits.
Je travaille surtout bien sûr avec les équipes qui s'occupent des programmes de santé mais récemment j'apprends aussi beaucoup de choses sur la production agricole (plus à un prochain numéro). Je commence à trouver ma place dans l'équipe et ils commencent à comprendre ce que je peux leur apporter surtout pour écrire les rapports en anglais.
Nous sommes 20 dans le bureau de Dakar. Je travaille surtout dans une équipe de 4 personnes. Mais je vois tout le monde chaque jour car il est traditionnel de dire bonjour à chacun le matin, leur demander comment s'est passée leur soirée et leur souhaiter une bonne journée. Honnêtement la première semaine je trouvais cela difficile et ne l'ai pas fait, la deuxième semaine je me trouvais très gauche quand j'ai essayé de le faire mais la troisième semaine était plus facile and maintenant j'apprécie ces échanges journaliers avec les autres membres du personnel. Cette ronde du matin inclut une petite leçon de wolof donnée par un des chauffeurs. Je ne suis pas une très bonne étudiante mais il est très patient. On m'a aussi acceptée dans la sortie déjeuner de tous les jours au resto local au coin de la rue. Apparemment on y sert un ou deux plats traditionnels chaque jour (je ne comprends pas tout à fait l'idée du reste de la phrase).
Nous sommes 4 ou 5 à y aller tous les jours (en tous cas savant le Ramadan qui sera le sujet d'un autre numéro). Au début un de mes collègues faisait la commande pour moi (il n'y a pas de menu) mais maintenant après quelques semaines j'ai appris le nom de mes plats préférés et je peux commander moi-même. Les plats typiques ne sont pas très compliqués: une grande assiettée de riz avec une sauce au-dessus ou mélangée dans le riz. Mon préféré c'est le "thieboudienne" un plat de riz avec une sauce aux légumes et au poisson. Mon préféré de tous mais qui est la classe au-dessus du petit resto local c'est le « poulet yassa ». Ce sont des pattes de poulet cuites au four et servies avec un oignon, une sauce au citron et bien sûr du riz, très délicieux ! Comme mes déjeûners manquent pas mal de légumes, le soir j'en mange beaucoup et prend peu de carbohydrates. La vendeuse de légumes du coin est devenue mon amie et je suis contente de voir son grand sourire quand je débarque.
Tout cela pour dire que ma vie à Dakar et spécialement mon travail vont bien. Je suis installée dans mon appartement et maintenant je cherche des amis. Ça prend plus longtemps que vider sa valise et ça va très lentement. Un déluge de nouveaux amis ne serait pas sous-apprécié car mes soirées et mes fins de semaines sont un peu solitaires mais je sais que bientôt j'aurai des gens avec lesquels partager du temps et que mes soirées tranquilles et inoccupées me manqueront……….
Sunday, August 31, 2008
Jour à Jour
Nous sommes dimanche matin et il ne fait pas encore trop chaud. J'ai donc ouvert mes fenêtres pour pouvoir entendre les oiseaux chanter et les bruits de la rue. J'entends au loin un chant et des tambours, venant peut-être de la messe du matin à la cathédrale au bout de la rue. C'est là que je me dirigerai bientôt pour la messe de mi-matinée. La vue de ma table de salle à manger n'est pas très intéressante, d'autres appartements, un arbre et beaucoup de récepteurs satellites ( ?) sur les toits. Pas de vue de l'océan de mon appartement.
Bien qu'il n'ait pas vue sur l'océan, j'aime mon appartement et je m'y sens déjà chez moi. C'est un appartement de bonne taille pour une seule personne. Je vais essayer de vous en faire faire le tour. J'habite au 4ième étage d'un appartement de 6 étages, mais il y a seulement deux appartements par étage. Je n'ai rencontré encore aucun voisin. Ceux que j'ai aperçus dans l'ascenseur ou dans les escaliers semblent être surtout des étrangers. Quand vous entrez chez moi, il y a une assez grande entrée. A gauche une petite cuisine couloir avec un réfrigérateur, une cuisinière à gaz avec four, un bout de comptoir et un évier. Il y a une porte qui ouvre sur un petit balcon qui sert surtout à ranger les produits de nettoyage et où je fais sécher mon linge. A côté de la cuisine il y a la salle à manger/séjour. J'y ai mis le four micro-ondes pour avoir un peu plus d'espace comptoir dans la cuisine.
Les couleurs dominantes de l'appartement (rideaux, sofa) sont d'un brun clair inintéressant. Je suis allée plusieurs fois au marché de tissus pensant acheter des pagnes pour mettre sur le divan ou pour recouvrir des coussins, mais, à chaque fois j'ai été harcelée par des vendeurs et je suis repartie sans rien acheter. J'ai une nappe d'un vert éclatant que m'a laissée le dernier occupant. Ma touche personnelle dans le séjour est un assemblage photos que j'ai fait sur le mur avec des photos de famille et d'amis et du papier kraft couleur. Ça éclaire la pièce et me fait sourire quand je le vois. SI vous voulez contribuer à ce décor, vous êtes les bienvenus.
Je me suis débrouillée pour ajouter un peu de couleur à ma chambre avec les draps rouge apportés dans mes bagages et les tissus rouge et noirs qui pendaient au mur. Je ne suis pas sûre de les aimer mais pour le moment ça ira. Un aspect très agréable de cet appartement, c'est qu'il a des plafonds très hauts ; plus de trois mètres ! Je ne sais que faire de tous les placards et rangements qui sont dans ma chambre et pourtant j'ai un peu de mal à organiser le peu que je possède ici de façon fonctionnelle. Il ya deux salles de bains dans l'appart., une dans l'entrée et l'autre, la seule que j'utilise, dans ma chambre. La douche a juste assez d'eau chaude pour une personne et pareil pour la pression ! La vue de ma chambre est aussi inintéressante que celle du séjour, mais les soirs de fin de semaine, la rue en bas devient assez animée à cause d'un night club local.
Ma rue est pleine de petites boutiques de nourriture, petits restaurants et autres vendeurs divers. J'habite près du Centre Culturel Français qui a une jolie court intérieure et un restaurant sympathique lieu de retrouvailles privilégié des expatriés et le seul endroit que j ; ai trouvé où l'on puisse boire un verre de jus de fruit ou un thé et lire sans être dérangé. Ce centre a aussi un petit cinéma et offre des cours de langue. J'espère y commencer un coures de wolof bientôt. A un pâté de maison dans l'autre direction passe une des rues les plus importantes du plateau. Trois pâtés de maison plus loin se dresse le palais présidentiel. Je suis aussi à 10 minutes à pied de mon bureau. Habiter près du palais présidentiel présentent certains avantages, entre autres le fait que mon immeuble soit sur le même circuit électrique que celui du palais. Je n'ai pas eu d'arrêt d'électricité depuis mon arrivée alors que la plupart des quartiers de Dakar ont des pannes deux ou trois soirées par semaines et quelques fois des pannes qui durent la journée. Mon immeuble a aussi un générateur, et je suppose que le président en a un aussi. C'est important en ce moment car il fait très chaud et si je peux faire marcher mon petit climatiseur dans ma chambre ou dans le séjour je peux dormir ou travailler confortablement.
Je n'ai jamais vraiment vécu seule jusqu'a maintenant donc avoir cet appartement est une nouvelle expérience. Avant d'arriver je m'inquiétais un peu de la solitude, de rentrer dans un appartement vide le soir mais je n'ai pas encore trop ressenti cela. Bien sûr cela me manque d'avoir des colocataires sympathiques avec lesquels partager, cuisine, passer du temps ou emprunter un peu de lait quand je n'ai pas eu le temps d'aller moi-même à l'épicerie. Ce qui me sauve, c'est d'être branchée à internet à la maison ce qui me permet le contact avec le monde extérieur à Dakar pendant que je continue à rencontrer des gens ici et à m'installer. Je sais que bientôt j'aurai un groupe d'amis et que beaucoup plus de mes soirées seront occupées à partager et à passer du temps avec d'autres sur place. En attendant, je dois essayer de retourner au marché de tissus pour finir de décorer. Merci à SK dont les questions m'ont poussée à écrire ce blog. Je répondrais aux questions sur mon travail et sur le Ramadan plus tard. Si vous avez des questions sur ma vie à Dakar, envoyez-les et j'essaierai d'y répondre plus tard.
Amendement: l'après-midi du jour où j'ai écrit les paragraphes ci-dessus, j'ai finalement pu aller au marché aux tissus. Merci à Lane et Mac d'avoir été mes gardes du corps ce qui m'a permis d'acheter sans être enquiquinée.
Bien qu'il n'ait pas vue sur l'océan, j'aime mon appartement et je m'y sens déjà chez moi. C'est un appartement de bonne taille pour une seule personne. Je vais essayer de vous en faire faire le tour. J'habite au 4ième étage d'un appartement de 6 étages, mais il y a seulement deux appartements par étage. Je n'ai rencontré encore aucun voisin. Ceux que j'ai aperçus dans l'ascenseur ou dans les escaliers semblent être surtout des étrangers. Quand vous entrez chez moi, il y a une assez grande entrée. A gauche une petite cuisine couloir avec un réfrigérateur, une cuisinière à gaz avec four, un bout de comptoir et un évier. Il y a une porte qui ouvre sur un petit balcon qui sert surtout à ranger les produits de nettoyage et où je fais sécher mon linge. A côté de la cuisine il y a la salle à manger/séjour. J'y ai mis le four micro-ondes pour avoir un peu plus d'espace comptoir dans la cuisine.
Les couleurs dominantes de l'appartement (rideaux, sofa) sont d'un brun clair inintéressant. Je suis allée plusieurs fois au marché de tissus pensant acheter des pagnes pour mettre sur le divan ou pour recouvrir des coussins, mais, à chaque fois j'ai été harcelée par des vendeurs et je suis repartie sans rien acheter. J'ai une nappe d'un vert éclatant que m'a laissée le dernier occupant. Ma touche personnelle dans le séjour est un assemblage photos que j'ai fait sur le mur avec des photos de famille et d'amis et du papier kraft couleur. Ça éclaire la pièce et me fait sourire quand je le vois. SI vous voulez contribuer à ce décor, vous êtes les bienvenus.
Je me suis débrouillée pour ajouter un peu de couleur à ma chambre avec les draps rouge apportés dans mes bagages et les tissus rouge et noirs qui pendaient au mur. Je ne suis pas sûre de les aimer mais pour le moment ça ira. Un aspect très agréable de cet appartement, c'est qu'il a des plafonds très hauts ; plus de trois mètres ! Je ne sais que faire de tous les placards et rangements qui sont dans ma chambre et pourtant j'ai un peu de mal à organiser le peu que je possède ici de façon fonctionnelle. Il ya deux salles de bains dans l'appart., une dans l'entrée et l'autre, la seule que j'utilise, dans ma chambre. La douche a juste assez d'eau chaude pour une personne et pareil pour la pression ! La vue de ma chambre est aussi inintéressante que celle du séjour, mais les soirs de fin de semaine, la rue en bas devient assez animée à cause d'un night club local.
Ma rue est pleine de petites boutiques de nourriture, petits restaurants et autres vendeurs divers. J'habite près du Centre Culturel Français qui a une jolie court intérieure et un restaurant sympathique lieu de retrouvailles privilégié des expatriés et le seul endroit que j ; ai trouvé où l'on puisse boire un verre de jus de fruit ou un thé et lire sans être dérangé. Ce centre a aussi un petit cinéma et offre des cours de langue. J'espère y commencer un coures de wolof bientôt. A un pâté de maison dans l'autre direction passe une des rues les plus importantes du plateau. Trois pâtés de maison plus loin se dresse le palais présidentiel. Je suis aussi à 10 minutes à pied de mon bureau. Habiter près du palais présidentiel présentent certains avantages, entre autres le fait que mon immeuble soit sur le même circuit électrique que celui du palais. Je n'ai pas eu d'arrêt d'électricité depuis mon arrivée alors que la plupart des quartiers de Dakar ont des pannes deux ou trois soirées par semaines et quelques fois des pannes qui durent la journée. Mon immeuble a aussi un générateur, et je suppose que le président en a un aussi. C'est important en ce moment car il fait très chaud et si je peux faire marcher mon petit climatiseur dans ma chambre ou dans le séjour je peux dormir ou travailler confortablement.
Je n'ai jamais vraiment vécu seule jusqu'a maintenant donc avoir cet appartement est une nouvelle expérience. Avant d'arriver je m'inquiétais un peu de la solitude, de rentrer dans un appartement vide le soir mais je n'ai pas encore trop ressenti cela. Bien sûr cela me manque d'avoir des colocataires sympathiques avec lesquels partager, cuisine, passer du temps ou emprunter un peu de lait quand je n'ai pas eu le temps d'aller moi-même à l'épicerie. Ce qui me sauve, c'est d'être branchée à internet à la maison ce qui me permet le contact avec le monde extérieur à Dakar pendant que je continue à rencontrer des gens ici et à m'installer. Je sais que bientôt j'aurai un groupe d'amis et que beaucoup plus de mes soirées seront occupées à partager et à passer du temps avec d'autres sur place. En attendant, je dois essayer de retourner au marché de tissus pour finir de décorer. Merci à SK dont les questions m'ont poussée à écrire ce blog. Je répondrais aux questions sur mon travail et sur le Ramadan plus tard. Si vous avez des questions sur ma vie à Dakar, envoyez-les et j'essaierai d'y répondre plus tard.
Amendement: l'après-midi du jour où j'ai écrit les paragraphes ci-dessus, j'ai finalement pu aller au marché aux tissus. Merci à Lane et Mac d'avoir été mes gardes du corps ce qui m'a permis d'acheter sans être enquiquinée.
Thursday, August 21, 2008
Premier Impression!
Je suis arrivée à Dakar en direct d’Atlanta à 4:30 du matin après 8 heures d’avion au-dessus de l’Atlantique. Un peu dans les vaps et réfrigérée (il y avait un problème de chauffage dans l’avion), j’ai fait mes premiers pas dans la chaleur moite de Dakar. Cela seul aurait suffit pour me faire tourner la tête.
Sur la route de mon appartement, le chauffeur m’a dit que nous suivions l’océan mais il faisait encore très noir et je n’ai rien vu du tout. J’ai aperçu deux phares qui préviennent les marins de l’approche de la côte. Plus loin il y avait quelques scintillements, sans doute des bateaux de pêche. Le soleil se levait à peine quand nous sommes arrivés. Par une porte entre-ouverte j’ai vu des hommes qui faisaient la prière du matin. Le Sénegal est à 95% musulman. C’est la seule fois que j’ai vu qui que ce soit en prière depuis mon arrive, et j’entends très mal les appels à la prière de mon appartement. Il se peut que je dorme trop fort pour les entendre étant encore un peu en décalage horaire, en plus mes fenêtres sont fermées. Il y a un petit climatiseur dans ma chambre et un autre dans mon bureau, un plaisir étant donnée la chaleur. Ce premier matin avant le lever du soleil la ville semble calme et paisible, il y avait peu ou pas de monde dehors, depuis je n’ai vu la ville que pleine de monde, de voitures et de bruits.
D’après ce que j’ai vu pendant mes brefs aller-retours entre l’appartement et le bureau, Dakar ressemble aux autres grandes villes africaines que j’ai visitées : beaucoup de gens, de bruits, de poussière et parfois pas de chaos. Mais à Dakar tout le monde parle français et la nourriture est très bonne. Quand je rentre dans une épicerie j’ai l’impression d’être à Paris, je ne devrait pas trop avoir le mal du pays donc bien que ni les Sénégalais ni les Français aient encore découvert les petits gâteaux Oréos ! (Un petit gâteau en sachet très américain).
Jusque là j’aime la ville, les gens que j’ai rencontrés, mes collègues, les projets sur lesquels je dois travailler et mon appartement. C’est différents des autres voyages ou missions africaines que j’ai effectués car je sais que je vais être ici au moins un an. Il y a donc le risque de penser que j’ai beaucoup de temps et donc celui de ne pas avoir le temps de tout voir et tout visiter. Je n’ai toujours pas vu l’océan sauf dans le noir complet du premier matin bien qu’il borde la ville sur trois côtés. J’ai trouvé une carte hier pour me situer dans la ville et me suis aperçue que je vivais à environ 200 m de l’océan. Vivre près de l’océan est un des facteurs qui m’emballait le plus mais je n’ai senti que rarement sa présence sauf quand la brise porte quelques parfums salins. Je vais corriger ce manque cette fin de semaine ; je pars en WE avec deux collègues à la plage !
Sur la route de mon appartement, le chauffeur m’a dit que nous suivions l’océan mais il faisait encore très noir et je n’ai rien vu du tout. J’ai aperçu deux phares qui préviennent les marins de l’approche de la côte. Plus loin il y avait quelques scintillements, sans doute des bateaux de pêche. Le soleil se levait à peine quand nous sommes arrivés. Par une porte entre-ouverte j’ai vu des hommes qui faisaient la prière du matin. Le Sénegal est à 95% musulman. C’est la seule fois que j’ai vu qui que ce soit en prière depuis mon arrive, et j’entends très mal les appels à la prière de mon appartement. Il se peut que je dorme trop fort pour les entendre étant encore un peu en décalage horaire, en plus mes fenêtres sont fermées. Il y a un petit climatiseur dans ma chambre et un autre dans mon bureau, un plaisir étant donnée la chaleur. Ce premier matin avant le lever du soleil la ville semble calme et paisible, il y avait peu ou pas de monde dehors, depuis je n’ai vu la ville que pleine de monde, de voitures et de bruits.
D’après ce que j’ai vu pendant mes brefs aller-retours entre l’appartement et le bureau, Dakar ressemble aux autres grandes villes africaines que j’ai visitées : beaucoup de gens, de bruits, de poussière et parfois pas de chaos. Mais à Dakar tout le monde parle français et la nourriture est très bonne. Quand je rentre dans une épicerie j’ai l’impression d’être à Paris, je ne devrait pas trop avoir le mal du pays donc bien que ni les Sénégalais ni les Français aient encore découvert les petits gâteaux Oréos ! (Un petit gâteau en sachet très américain).
Jusque là j’aime la ville, les gens que j’ai rencontrés, mes collègues, les projets sur lesquels je dois travailler et mon appartement. C’est différents des autres voyages ou missions africaines que j’ai effectués car je sais que je vais être ici au moins un an. Il y a donc le risque de penser que j’ai beaucoup de temps et donc celui de ne pas avoir le temps de tout voir et tout visiter. Je n’ai toujours pas vu l’océan sauf dans le noir complet du premier matin bien qu’il borde la ville sur trois côtés. J’ai trouvé une carte hier pour me situer dans la ville et me suis aperçue que je vivais à environ 200 m de l’océan. Vivre près de l’océan est un des facteurs qui m’emballait le plus mais je n’ai senti que rarement sa présence sauf quand la brise porte quelques parfums salins. Je vais corriger ce manque cette fin de semaine ; je pars en WE avec deux collègues à la plage !
Thursday, March 20, 2008
Printemps?
Le printemps m'a toujours fascinée ; le fait que d'un jour à l'autre le temps change du froid et gris au chaud et ensoleillé. Que d'un jour à l'autre, les bourgeons des arbres éclatent et les fleurs fleurissent. C'est une saison de renouveau ; nouvelle vie, nouveaux espoirs, nouveau tout. Aux US comme au Kenya, c'est la saison de l'espérance d'un nouveau gouvernement. La semaine dernière, le parti d'opposition au Kenya a signé un accord de paix qui, espérons le, apportera une paix durable et un nouveau gouvernement au pays. Pour moi il y avait aussi de nouveaux espoirs cette semaine pour l'avancée du mémoire auquel je travaille, bonne nouvelle donc puisque je compte bien finir mon école et avoir un nouveau boulot ce printemps.
Bien que le printemps n'arrive officiellement que le 21 mars, quand on vit dans le sud, le printemps vous arrive plus tôt. Je ne me souviens pas de printemps comme cela dans le Minnesota où, au mieux, la saison printanière durait du premier au 15 mai. Ici le printemps a commencé à la mi-février avec les jonquilles suivies des pommiers en fleurs. Cela n'implique pas qu'il ait fait chaud tout le temps depuis, il y avait même quelques flocons de neige ce matin! Hier, je suis allée courir en shorts et en T-shirt et aujourd'hui je compte bien sur le prompt retour du beau temps. L'année dernière à la même époque, j'attendais l'arrivée de ma famille qui effectuait son premier voyage dans le sud des US. Ensemble nous avons passé une super semaine à explorer les lieux historiques de la région et à profiter du beau temps. Je n'aurai pas leur visite cette année; à la place je passe ma semaine de vacances à bûcher sur mon mémoire. Pendant ce dernier mois, il a commencé à prendre forme et je devrais bientôt avoir une bonne ébauche complète.
L'autre renouveau que ce printemps m'a apporté est un sac à dos tout neuf. J'étais un peu triste de mettre le vieux jaune à la retraite car il m'avait suivie dans toutes mes aventures de globe-trotter depuis 9 ans, fourré sous les sièges d'avion, de bus ou de train, accroché sur le toit d'un taxi-brousse à Madagascar ou prenant la poussière à l'arrière d'un camion bolivien. Il a porté mes bouquins pendant mes premières années d'étudiante et pendant des mois à Atlanta. Ce sac a été une constante dans ma vie d'exploration adulte; je savais où y trouver chaque chose les yeux fermés ou dans le noir le plus complet. Les gens qui me connaissent devront prendre l'habitude de me reconnaître avec un nouveau sac, l'autre ayant fait partie de moi et de ma vie depuis si longtemps. Je n'y suis moi-même pas tout à fait habituée, les poches sont différent, les lanières aussi, et il est bleu foncé. J'ai encore le vieux jaune et il réapparaîtra peut-être de temps en temps lors d'une promenade ensoleillée ou d'un court voyage. Ci-dessous, j'ai mis une de mes photo s préférées prise l'été dernier au Kenya. Je suis passagère sur un boda-boda et mon ami Marc, lui-même passager sur un autre boda-boda a pris la photo.
Sunday, February 10, 2008
Heureux ceux qui font oeuvre de paix
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice; ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux; il leur sera fait miséricorde.
Heureux ceux qui font œuvre de paix ; ils seront appelés fils de Dieu.
(Matthieu 5: 6, 7, 9)
Au cours de ces dernières semaines alors que je continue à voir le Kenya que j’ai connu s’enfoncer de plus en plus dans la haine, les disputes ethniques et la destruction, j’essaie de comprendre le pourquoi et le comment de tout cela et surtout où cela mène. En même temps cependant je vois et je peux voir et entendre le désir de justice que les kényans cherchent dans leurs vies. Je ne suis pas forcément d’accord avec leurs méthodes mais si on étudie leur histoire c’est sans doute la seule méthode qu’ils connaissent pour essayer de changer le pays. Je ne suis pas spécialiste de l’histoire du Kenya mais je sais que leur histoire est pleine d’actes violents qui ont mené à des changements de régime ainsi qu’à beaucoup de sang versé. A mon avis, les différents partis ont le même but, c'est-à-dire une meilleure vie ; en essayant désespérément d’obtenir cela, ils se blâment les uns les autres et ensuite se vengent les uns sur les autres. L’Histoire nous dit cependant que bien que ces réactions soient courantes elles n’ont jamais apporté la paix à un pays, une famille ou un être humain. C’est seulement dans les vraies œuvres de pardon et dans la volonté de se réconcilier qu’on peut trouver la paix.
Je trouve des signes d’espoir dans les petits efforts de paix dont j’ai entendu parler et dans ceux à plus grande échelle de Koffi Annan et d’autres. Cependant la fin des violences semble encore lointaine et seulement après tant de pertes inutiles de vie, de destruction de propriété personnelle et d’infrastructures. Le Kenya qui émergera de ce désastre aura pris un retard fou dans ses buts de développement surtout dans les domaines de la santé et de l’économie. Ces jours marquent le début d’une ère nouvelle pour le Kenya, pas seulement pour la cause officielle qui font que les Kenyans se font tuer dans les rues de Kisumu mais parce que le Kenya devient un pays que les gens auront peur de visiter, un pays qui était la tête de la puissance économique de l’Afrique de l’est et qui voit maintenant cette puissance et cette richesse transférées vers la Tanzanie, et un pays qui n’est plus le chéri de l’occident. A Kisumu, les projets de constructions de route, les détours et les tas de boue que nous avons connus l’été dernier et qui avaient pour but l’installation d’un système municipal de distribution d’eau ne servent plus à rien puisque les conduites d’eau ont été arrachées par les manifestants ; petit exemple des destructions inutiles qui sont monnaie courante ces dernières semaines. Des centaines de milliers d’êtres humains ont fui leur chez-eux, certains ne reviendront pas, d’autres reviendront et beaucoup d’entre eux ne retrouveront que des restes carbonisés et vandalisés.
Le personnel expatrié de l’organisation pour laquelle j’ai travaillé l’été dernier a été évacué de Kisumu. Ils sont en sécurité à Nairobi et essayent de continuer à travailler à distance. Pour l’instant les projets ont repris une partie de leurs activités. Les dispensaires manquent de personnel et de matériel mais offrent des services sanitaires plus que nécessaires aux populations locales. C’est dans cette reprise d’activité du personnel kenyan qui est resté sur place et qui, au milieu de la violence, continue son travail que je trouve de l’espoir.
Le Kenya n’est jamais loin dans mes pensées ces jours-ci. Chaque jour je passe plusieurs heures à travailler sur mon mémoire de fin d’études basé sur le travail que j’ai fait l’été dernier là-bas. J’étais heureuse de ce sujet de travail me disant qu’il avait le potentiel d’influencer des décisions politiques locales et de contribuer à un meilleur système de santé dans la région. Récemment, je me suis souvent demandé à quoi servait maintenant ce travail dans le contexte actuel du Kenya et mon enthousiasme a beaucoup baissé. Avant, ce projet me semblait avoir une réelle importance, maintenant il ressemble plutôt à un exercice académique futile sans utilité hors de l’enceinte de mon université. Pourtant je continue à espérer que peut-être un jour mon travail pourra quand même être utilisé dans un Kenya autre que celui d’aujourd’hui.
Heureux les miséricordieux; il leur sera fait miséricorde.
Heureux ceux qui font œuvre de paix ; ils seront appelés fils de Dieu.
(Matthieu 5: 6, 7, 9)
Au cours de ces dernières semaines alors que je continue à voir le Kenya que j’ai connu s’enfoncer de plus en plus dans la haine, les disputes ethniques et la destruction, j’essaie de comprendre le pourquoi et le comment de tout cela et surtout où cela mène. En même temps cependant je vois et je peux voir et entendre le désir de justice que les kényans cherchent dans leurs vies. Je ne suis pas forcément d’accord avec leurs méthodes mais si on étudie leur histoire c’est sans doute la seule méthode qu’ils connaissent pour essayer de changer le pays. Je ne suis pas spécialiste de l’histoire du Kenya mais je sais que leur histoire est pleine d’actes violents qui ont mené à des changements de régime ainsi qu’à beaucoup de sang versé. A mon avis, les différents partis ont le même but, c'est-à-dire une meilleure vie ; en essayant désespérément d’obtenir cela, ils se blâment les uns les autres et ensuite se vengent les uns sur les autres. L’Histoire nous dit cependant que bien que ces réactions soient courantes elles n’ont jamais apporté la paix à un pays, une famille ou un être humain. C’est seulement dans les vraies œuvres de pardon et dans la volonté de se réconcilier qu’on peut trouver la paix.
Je trouve des signes d’espoir dans les petits efforts de paix dont j’ai entendu parler et dans ceux à plus grande échelle de Koffi Annan et d’autres. Cependant la fin des violences semble encore lointaine et seulement après tant de pertes inutiles de vie, de destruction de propriété personnelle et d’infrastructures. Le Kenya qui émergera de ce désastre aura pris un retard fou dans ses buts de développement surtout dans les domaines de la santé et de l’économie. Ces jours marquent le début d’une ère nouvelle pour le Kenya, pas seulement pour la cause officielle qui font que les Kenyans se font tuer dans les rues de Kisumu mais parce que le Kenya devient un pays que les gens auront peur de visiter, un pays qui était la tête de la puissance économique de l’Afrique de l’est et qui voit maintenant cette puissance et cette richesse transférées vers la Tanzanie, et un pays qui n’est plus le chéri de l’occident. A Kisumu, les projets de constructions de route, les détours et les tas de boue que nous avons connus l’été dernier et qui avaient pour but l’installation d’un système municipal de distribution d’eau ne servent plus à rien puisque les conduites d’eau ont été arrachées par les manifestants ; petit exemple des destructions inutiles qui sont monnaie courante ces dernières semaines. Des centaines de milliers d’êtres humains ont fui leur chez-eux, certains ne reviendront pas, d’autres reviendront et beaucoup d’entre eux ne retrouveront que des restes carbonisés et vandalisés.
Le personnel expatrié de l’organisation pour laquelle j’ai travaillé l’été dernier a été évacué de Kisumu. Ils sont en sécurité à Nairobi et essayent de continuer à travailler à distance. Pour l’instant les projets ont repris une partie de leurs activités. Les dispensaires manquent de personnel et de matériel mais offrent des services sanitaires plus que nécessaires aux populations locales. C’est dans cette reprise d’activité du personnel kenyan qui est resté sur place et qui, au milieu de la violence, continue son travail que je trouve de l’espoir.
Le Kenya n’est jamais loin dans mes pensées ces jours-ci. Chaque jour je passe plusieurs heures à travailler sur mon mémoire de fin d’études basé sur le travail que j’ai fait l’été dernier là-bas. J’étais heureuse de ce sujet de travail me disant qu’il avait le potentiel d’influencer des décisions politiques locales et de contribuer à un meilleur système de santé dans la région. Récemment, je me suis souvent demandé à quoi servait maintenant ce travail dans le contexte actuel du Kenya et mon enthousiasme a beaucoup baissé. Avant, ce projet me semblait avoir une réelle importance, maintenant il ressemble plutôt à un exercice académique futile sans utilité hors de l’enceinte de mon université. Pourtant je continue à espérer que peut-être un jour mon travail pourra quand même être utilisé dans un Kenya autre que celui d’aujourd’hui.
Sunday, January 13, 2008
Averses du soir
Ces derniers jours, il a plu ici à Atlanta. Quand je suis allongée dans mon lit et ferme les yeux, je suis transportée six mois en arrière dans mon lit au Kenya pendant les averses du soir. C’était un de mes moments préférés de la journée. Ecouter la pluie sous mon filet anti-moustique m’apportait un sentiment de sécurité et de calme pendant les mois passés au Kenya. Cette semaine la pluie porte mes pensées vers un Kenya très différent de celui que j’ai connu; les averses ne m’apportent plus réconfort mais anxiété, anxiété pour les kényans. Ces quinze derniers jours, du pays le plus stable d’Afrique de l’Est, le Kenya est devenu la dernière victime de manifestations post-électorales et de batailles tribales.
Ma base au Kenya, Kisumu, a été le centre des pires violences dans l’histoire du Kenya depuis l’indépendance en 1963. Dans ces affrontements violents dus à des élections dont les résultats sont contestés s’opposent les deux groupes tribaux les plus importants. J’ai du mal à imaginer les kényans doux et accueillants que j’ai connus pris dans les histoires violentes dont j’entends parler. Hier j’ai reçu des photos d’une amie qui est encore à Kisumu, photos des restes carbonisés de boutiques où je faisais mes courses et de restaurants où j’ai mangé ; quelle tristesse !! En bordure de lac, la vie dans cette ville que je pensais si tranquille est complètement bouleversée. Bien sûr il y avait la masse des pauvres qui essayait de survivre jour à jour, se demandant pour quand était le prochain repas, mais peu se préoccupaient de sécurité et chacun savait que s’il avait un peu d’argent il pouvait facilement trouver de quoi manger à un prix correct. Ce n’est plus le cas ; il y a des pénuries de denrées de base et les prix ont augmenté de façon tragique depuis les émeutes. A Kisumu au moins 100 personnes ont été tuées et ailleurs au moins 500. Il ya plus de 200.000 personnes qui ont fui les émeutes et qui ont besoin d’assistance humanitaire. Les projets de santé sur lesquels j’ai travaillé cet été sont pour le moment suspendus pendant que les besoins de personnel et leur sécurité sont réévalués.
Autant que je sache ceux que j’ai connus sont sains et saufs. Cela ne veut pas dire qu’ils n’aient pas souffert eux aussi des violences. Aujourd’hui la situation est plus ou moins stable mais les problèmes sont loin d’être résolus. L’impact à long terme de la violence, des interruptions de services sanitaires, des dommages sur l’infrastructure et les conséquences humaines, économiques etc. ne pourront être complètement évaluées pendant des mois. Ayant fait des études et de sciences politiques et de santé, une fois de plus je vois comme tout au long de l’histoire comment politique et santé peuvent être liés quand les peuples essayent de prendre en main leur destinée et combien ils souffrent de la violence qui si souvent accompagne les mouvements démocratiques.
Ce soir nous attendons encore la pluie à Atlanta. Une fois de plus mes pensées voleront vers les habitants du Kenya alors qu’ils entament les longs efforts de reconstruction d’une démocratie et qu’ils essaient de guérir les plaies du tribalisme. Je peux seulement espérer que l’esprit de coopération s’emparera des leaders du pays dans les processus de paix pour un nouvel avenir.
Ma base au Kenya, Kisumu, a été le centre des pires violences dans l’histoire du Kenya depuis l’indépendance en 1963. Dans ces affrontements violents dus à des élections dont les résultats sont contestés s’opposent les deux groupes tribaux les plus importants. J’ai du mal à imaginer les kényans doux et accueillants que j’ai connus pris dans les histoires violentes dont j’entends parler. Hier j’ai reçu des photos d’une amie qui est encore à Kisumu, photos des restes carbonisés de boutiques où je faisais mes courses et de restaurants où j’ai mangé ; quelle tristesse !! En bordure de lac, la vie dans cette ville que je pensais si tranquille est complètement bouleversée. Bien sûr il y avait la masse des pauvres qui essayait de survivre jour à jour, se demandant pour quand était le prochain repas, mais peu se préoccupaient de sécurité et chacun savait que s’il avait un peu d’argent il pouvait facilement trouver de quoi manger à un prix correct. Ce n’est plus le cas ; il y a des pénuries de denrées de base et les prix ont augmenté de façon tragique depuis les émeutes. A Kisumu au moins 100 personnes ont été tuées et ailleurs au moins 500. Il ya plus de 200.000 personnes qui ont fui les émeutes et qui ont besoin d’assistance humanitaire. Les projets de santé sur lesquels j’ai travaillé cet été sont pour le moment suspendus pendant que les besoins de personnel et leur sécurité sont réévalués.
Autant que je sache ceux que j’ai connus sont sains et saufs. Cela ne veut pas dire qu’ils n’aient pas souffert eux aussi des violences. Aujourd’hui la situation est plus ou moins stable mais les problèmes sont loin d’être résolus. L’impact à long terme de la violence, des interruptions de services sanitaires, des dommages sur l’infrastructure et les conséquences humaines, économiques etc. ne pourront être complètement évaluées pendant des mois. Ayant fait des études et de sciences politiques et de santé, une fois de plus je vois comme tout au long de l’histoire comment politique et santé peuvent être liés quand les peuples essayent de prendre en main leur destinée et combien ils souffrent de la violence qui si souvent accompagne les mouvements démocratiques.
Ce soir nous attendons encore la pluie à Atlanta. Une fois de plus mes pensées voleront vers les habitants du Kenya alors qu’ils entament les longs efforts de reconstruction d’une démocratie et qu’ils essaient de guérir les plaies du tribalisme. Je peux seulement espérer que l’esprit de coopération s’emparera des leaders du pays dans les processus de paix pour un nouvel avenir.
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