Friday, September 19, 2008

Le Deluge

Alors que l'hémisphère ouest était dévasté par les vents et les pluies de Gustave, Hanna et Ike, de l'autre côté de l'Atlantique, nous avions nous aussi nos problèmes. On m'avait assure que c'était impossible qu'un ouragan touché le Sénégal, quelque chose qui a à voir avec le Gulf Stream et la température de l'eau. Nous avons cependant eu trois soirées de vents forts et de pluies lourdes chaque fois deux jours avant l'arrivée de chacun de ces ouragans dans les Caraïbes. Ces queues d'ouragans, mise à part la saison des pluies, ont amené les pires tempêtes à Dakar de mémoire récente. Evidemment quand on vit dans le Sahel, il est difficile de dire que beaucoup de pluie c'est mauvais puisque les années de sécheresse sont bien plus communes peuvent causer des dévastations d'un genre bien différent, surtout les famines. Donc je ne me plains jamais de la pluie à Dakar mais elle cause des désastres dans les bas quartiers de la ville. Là les maisons sont construites sur d'anciennes lagunes et sont maintenant plutôt trempées et les routes ne sont qu'un marécage boueux.

Pendant que la ville avait son inondation, moi je devais m'occuper d'un autre genre d'inondation. Du jour au lendemain, ma vie au travail s'est accélérée et est passé de la lecture de dossiers à un rôle intégral dans la vie du bureau. En plus il y a eu une inondation littérale surtout au deuxième étage pendant une averse particulièrement forte due à une fuite dans le toit. On a pu tout assécher en un jour mais moi je commence tout juste à comprendre comment garder la tête au-dessus de l'eau pour ne pas être noyée par le travail. Ma position officielle est celle d'une stagiaire, donc quelqu'un qui est ici pour apprendre tout ce qu'elle peut sur le « management » des programmes, les finances, l'administration, et quelqu'un aussi auquel on demande souvent de mettre son doigt dans la digue pour l'empêcher de perdre. L'agence pour laquelle je travaille s'occupe de projets de "développement humain » ce qui inclut tout de l'agriculture à la santé en passant par le micro-financement, la paix et les résolutions de conflits.
Je travaille surtout bien sûr avec les équipes qui s'occupent des programmes de santé mais récemment j'apprends aussi beaucoup de choses sur la production agricole (plus à un prochain numéro). Je commence à trouver ma place dans l'équipe et ils commencent à comprendre ce que je peux leur apporter surtout pour écrire les rapports en anglais.


Nous sommes 20 dans le bureau de Dakar. Je travaille surtout dans une équipe de 4 personnes. Mais je vois tout le monde chaque jour car il est traditionnel de dire bonjour à chacun le matin, leur demander comment s'est passée leur soirée et leur souhaiter une bonne journée. Honnêtement la première semaine je trouvais cela difficile et ne l'ai pas fait, la deuxième semaine je me trouvais très gauche quand j'ai essayé de le faire mais la troisième semaine était plus facile and maintenant j'apprécie ces échanges journaliers avec les autres membres du personnel. Cette ronde du matin inclut une petite leçon de wolof donnée par un des chauffeurs. Je ne suis pas une très bonne étudiante mais il est très patient. On m'a aussi acceptée dans la sortie déjeuner de tous les jours au resto local au coin de la rue. Apparemment on y sert un ou deux plats traditionnels chaque jour (je ne comprends pas tout à fait l'idée du reste de la phrase).

Nous sommes 4 ou 5 à y aller tous les jours (en tous cas savant le Ramadan qui sera le sujet d'un autre numéro). Au début un de mes collègues faisait la commande pour moi (il n'y a pas de menu) mais maintenant après quelques semaines j'ai appris le nom de mes plats préférés et je peux commander moi-même. Les plats typiques ne sont pas très compliqués: une grande assiettée de riz avec une sauce au-dessus ou mélangée dans le riz. Mon préféré c'est le "thieboudienne" un plat de riz avec une sauce aux légumes et au poisson. Mon préféré de tous mais qui est la classe au-dessus du petit resto local c'est le « poulet yassa ». Ce sont des pattes de poulet cuites au four et servies avec un oignon, une sauce au citron et bien sûr du riz, très délicieux ! Comme mes déjeûners manquent pas mal de légumes, le soir j'en mange beaucoup et prend peu de carbohydrates. La vendeuse de légumes du coin est devenue mon amie et je suis contente de voir son grand sourire quand je débarque.

Tout cela pour dire que ma vie à Dakar et spécialement mon travail vont bien. Je suis installée dans mon appartement et maintenant je cherche des amis. Ça prend plus longtemps que vider sa valise et ça va très lentement. Un déluge de nouveaux amis ne serait pas sous-apprécié car mes soirées et mes fins de semaines sont un peu solitaires mais je sais que bientôt j'aurai des gens avec lesquels partager du temps et que mes soirées tranquilles et inoccupées me manqueront……….