Le 19 Mai
Quand je dis à mes amis que je rentre « à la maison », ils ne savent pas toujours de quoi je parle : le Minnesota, la France, Philadelphie, Washington, Atlanta ???? Je suis associée à tous ces endroits et selon les circonstances, c’ests chez moi ou ça a été chez moi. C’est parfois difficile pour certains de comprendre qu’on puisse avoir différents « chez soi ».
Ce n’est que quand mes parents ont déménager à Philadelphie que j’ai commencé à comprendre la phrase « Chez soi, c’est où on a son cœur ». Chez moi ce n’est plus seulement les quatre murs qui contiennent une bonne partie de mes souvenirs d’enfance, c’est l’endroit où ma famille se réunit, les endroits où j’ai vécu et commencé à construire ma vie, et ce sont dans ces endroits que j’ai un sentiment familier et agréable d’appartenance.
Chez moi, ce sera toujours dans le Minnesota. Les lacs, les forêts, le Mississipi, la Mayo clinique, l’université Sainte Catherine me sont tous familiers et sont une partie importante de qui je suis. Donc le Minnesota c’est chez moi même si je n’y ai plus de maison mais plutôt des invitations amicales et familiales ! Si on me demande d’où je suis, je répondrai sans doute du Minnesota puisque c’est là que j’ai passé la majorité de mes 22 premières années.
Je n’ai passé que très peu de temps dans la maison de mes parents à Philadelphie mes ses murs contiennent la familiarité de mon enfance et l’aise de savoir que j’y appartiens. Depuis 6 ans je n’y ai passé que 4 mois en tout plus ou moins et à chaque voyage je dois réapprendre où sont certaines choses et j’en découvre de nouvelles aussi mais la familiarité reste quand même et je comprends comment tout cela fait partie de « la maison ». Quand je sors de cette maison pour aller faire des courses ou marcher, ça semble encore un peu bizarre, mais je sais que j’appartiens à l’intérieur de cette maison.
Il y a aussi la France. Dhumeray est aussi familier pour moi que notre maison du Minnesota. J’y ai passé la plupart de mes vacances d’été quand j’étais enfant. Mon cœur y est dans cette longue maison où chaque salle a sa couleur. Tellement de souvenirs là aussi : les alcôves du grenier, la soirée de Noël où nous avons tant ri il y a quelques années quand 13 cousins ont dormi dans la grande chambre, les mariages des oncles et tantes, le 50ième anniversaire de mariage de mes grands-parents, les aventures à l’étang, le raft construit par mon grand-père, les tours en bicyclette dans la campagne, les tours en tracteur dans les champs, et parfois la recherche compliquée de trouver un endroit tranquille où se réfugier pour penser tranquillement loin des autres. Une des conséquences d’avoir une grande famille c’est qu’il est parfois un peu difficile de s’isoler mais je n’échangerai certainement pas ce petit plaisir pour tous les bons moments avec les cousins ou le lien fort que j’ai avec Dhumeray.
Paris est aussi « chez moi ». Je sais m’y retrouver ; j’y ai des rues et des cafés préférés, et surtout j’y ai un pont préféré (parait-il un signe sûr qu’on est parisien). Paris est magique pour moi, à chaque visite j’y découvre quelque chose de nouveau, quelque chose que je n’avais jamais vu. Je serai à Paris la semaine prochaine et m’étendrai certainement un peu sur le sujet.
Washington D.C. où j’ai habité trois ans est aussi chez moi dans un sens. Je sais aussi comment y circuler, j’y ai aussi des endroits préférés, et beaucoup de souvenirs. J’y suis à l’aise plus que dans toutes les autres grandes villes où j’ai vécu.
Maintenant il y a Atlanta, pas tout à fait encore chez moi. J’y suis plus à l’aise et je commence à pouvoir y trouver mon chemin ; sans doute que juste quand je devrais en partir au printemps prochain je commencerai à penser que c’est chez moi aussi. En attendant c’est l’endroit où sont mes quelques possessions et où je vis quand je ne suis pas en train de « rentrer à la maison » ou de voyager dans le vaste monde.
Monday, June 18, 2007
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